Watch Dogs Legion : bien meilleur que le 2

En bon spécialiste des mondes ouverts, Ubisoft a inauguré avec Watch Dogs une jouabilité où le piratage des dispositifs est primordial. Après deux épisodes, cette approche originale a été maîtrisée par Ubisoft, ce qui amène du changement face aux éternelles fusillades.

Crédit Photos : Ubisoft

Malheureusement, la série n’a jamais décollé comme Ubisoft l’espérait. Si le premier pêchait par un scénario finalement peu ambitieux et prévisible, le second s’enfonçait par un traitement bien trop léger, limite enfantin. Pour ce troisième opus, Ubisoft est revenu à plus de sérieux. Par contre, le jeu bénéficie d’un traitement encore léger, devenu une des marques de fabrique de Watch Dogs, mais c’est ce qui nuit justement le plus à cette série, parce que pour le reste, Ubisoft tape fort.

Dans le Londres de Watchdogs Legion, le groupe Zero Day a permis la mise en place d’un gouvernement autoritaire. Ayant confié le maintien de l’ordre à l’entreprise de sécurité Albion, la ville est plongée dans un état policier permanent. Heureusement, Londres se dote à son tour de City OS, le système d’exploitation permettant de gérer les villes.

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Dans la peau de plusieurs agents Dedsec, le but est de comprendre comment Londres a été victime de Zero Day et bien sûr de l’en délivrer. Chaque personnage possède des attributs particuliers parfois forts utiles. Donc plutôt que d’avoir un personnage principal, il faudra recruter des agents pour leurs compétences.

Par exemple, un ouvrier pourra déployer un drone permettant de le transporter sur un toit. D’autres sont spécialisés dans le piratage, le hacking pour retourner les drones assassins, ou disposent d’un armement lourd, tandis que recruter un juge ou un avocat permettra de libérer rapidement les compagnons qui seront arrêtés.

Le jeu comporte une partie en ligne, mais n’étant pas disponible avant le 10 décembre, nous n’avons pu l’essayer.

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 Une tonne de missions

Ubisoft a trouvé la bonne formule pour ses mondes ouverts avec ses missions principales et secondaires et Watchdogs Legion est calqué sur ce modèle. Au-delà de la trame principale, les missions secondaires sont diverses. Entre les futures recrues qui auront des demandes, les livraisons de colis sensibles, les hacks de panneaux publicitaires et lieux publics, ou encore les vols de données, il y a beaucoup de choses à faire dans Londres.

De ce côté, difficile d’être déçu, d’autant plus que les missions enchainent infiltration, hacking et action, ce qui apporte de la variété à l’ensemble. La jouabilité est plutôt bonne, mais la conduite des véhicules toujours moyenne demande de régler la sensibilité sur 5 ou 10%. Autrement, il était plus facile dans Watch Dogs de déclencher les pièges lors des poursuites, là on doit ralentir à l’approche pour bien cibler, c’est un peu pénible, alors on s’échappe en misant plutôt sur la vitesse.

Le jeu se déroule techniquement dans un environnement superbe sur PC. Londres est reproduit avec le souci du détail habituel auquel nous a habitués Ubisoft. Par contre, il va demander au minimum une RX 5700XT ou une RTX 2070 pour du 1440p à 60 FPS. Cependant, les pilotes ne sont pas encore disponibles, donc les performances devraient s’améliorer.

Côté bogues, je n’en ai pas rencontré à date qui empêche la progression. Parfois un personnage va répéter la même phrase, mais la suite s’enchaine correctement. Dans l’ensemble, le jeu n’est pas plus bogué qu’un autre sur PC, on en rencontre parfois, mais rien de grave.

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Un traitement de l’histoire qui nuit à la série

Malgré un background intéressant, les deux premiers Watch Dogs ont été desservis par leur scénario. Alors que le premier était trop conventionnel, orienté commercial hollywoodien, le deuxième versait dans une ambiance détachée et trop légère pour permettra d’accrocher. Dans Watchdogs Legion, le scénario se veut plus sérieux afin de donner une ligne directrice à l’histoire. Et il est vrai que les magouilles entre les différents antagonistes sont plus « adultes », en témoigne le traitement bien cruel qu’inflige Skye Lancer à son cobaye. C’est cependant la façon légère dont la mise en scène est amenée, le fond politique qui suit la même voie de la facilité, devenant une caricature. On mélange un monde sérieux à des gens au comportement d’adolescents révoltés contre les choses pas bien.  Et puis ces doublages… Mais quel est ce faux accent de banlieue française imité par des gens qui n’y ont jamais vécu qui affuble les membres de Dedsec ? C’est plus ridicule qu’autre chose  « Eh le gars, trop délire, t’es trop un dingo toi».

Le traitement de Dedsec est lui aussi frustrant. Ces agents qui font le va-et-vient dans ce bar qui sert de devanture à leur base au grand jour, ou tous ces gens sortis de nulle part la première fois que l’on restaure la place. Il n’y a rien de réaliste qui vient déjà consolider les bases. Les relations et les dialogues ont été comme survolés au profit du monde ouvert et de ses possibilités.

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Conclusion

Dommage qu’Ubisoft ne traite pas enfin Watch Dogs de manière plus mature, comme l’ont fait si bien  Deus Ex, Witcher ou GTA. Il possède le fond technologique novateur, une jouabilité qui sort de l’ordinaire et qui fonctionne plutôt bien, et en plus une armée d’artistes et de programmeurs de talent qui ont permis de créer une ville ultra détaillée et à couper le souffle.

Reste ce traitement de l’histoire peut-être issu de l’ancienne équipe éditoriale pour qui les scénarios étaient secondaires. C’est un bon jeu qui offre du fun et du contenu. Le recrutement des agents est une excellente idée, et il a su évoluer. On va cependant plutôt l’acheter pour ses possibilités de hacking et de monde ouvert que pour sa mise en scène. Il manque encore un travail de fond pour en faire une série digne d’Assassin’s Creed.

Verdict
Bon 7/10
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