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Une action collective au Québec contre Fortnite pour dépendance

Le cabinet d’avocats Calex Legal vient déposer un recours collectif contre le célèbre jeu d’Epic Games au sujet de la dépendance qu’il provoquerait auprès de ses joueurs.

C’est une première : un cabinet d’avocats, Calex Legal, vient de déposer un recours collectif contre Epic Games, créateur et éditeur de Fortnite. Le jeu est accusé de générer une dépendance aussi forte que la cigarette ou l’alcool. Il faut dire que derrière le jeu, des psychologues officient, aidés d’IA qui analysent le comportement des joueurs afin de les « garder ». Ce n’est pas un secret et c’est justement ce fait qui permet à Calex Legal de porter l’action collective auprès de la Cour Supérieure.

Elle s’est saisie notamment du cas de deux jeunes de 10 et 15 ans. Le plus jeune aurait dépensé ses 600$ d’économies dans le jeu et aurait joué 1891 parties depuis le début de l’année, tandis que le plus âgé y consacre trois heures par jour, a joué 7781 parties en moins de deux ans, ce qui entrainerait chez lui des troubles majeurs du sommeil.

La publicité également dans la ligne de mire

Cette action porte également sur la publicité du jeu auprès des moins de 13 ans, pourtant interdite au Québec en vertu de l’article 215 de la Loi sur la protection du consommateur. Sur cette base, ils demandent le remboursement des articles magasinés par les joueurs.

La dépendance, un phénomène dont on va parler de plus en plus

Les jeux en ligne actuels demandent leur temps de farm, y compris les jeux payants, et cela commence à devenir un véritable problème. Il y a ceux comme Destiny 2 qui veulent garder les joueurs payants et vont donc rendre le loot très difficile à avoir, comme l’arme exotique exclusive des raids, quitte à les forcer à les recommencer une centaine de fois et à les faire patienter (ou devenir fous) même jusqu’à plus d’un an avant de l’obtenir.

D’autres vont récompenser les joueurs avec de petites sommes, rendant les achats dispendieux et obligeant alors à jouer plus que de raison ou à sortir la carte de crédit pour du cosmétique comme dans The Division 2.

Du côté des jeux gratuits, Fortnite, en renouvelant ses saisons aux trois mois et en proposant foule de nouvelles personnalisations, garde les joueurs par ce moyen et entretient le buzz.

Mais voilà, en montant chaque fois la barre un peu plus haut, ces concepts sans garde-fou des lois, et élaborés avec l’aide de psychologues et de spécialistes en monétisations fins connaisseurs de la psychologie des joueurs, finissent par demander trop de temps et d’investissement.

Cette plainte devait donc arriver, et ce ne sera pas la dernière si les éditeurs continuent à maintenir un loot artificiellement trop faible afin de retenir les joueurs. Dans le cas des jeux gratuits comme Fortnite, c’est encore plus problématique. Le jeu a besoin d’achats pour vivre, et il y a une équipe derrière à rémunérer. Force est donc de concevoir quelque chose qui retient le joueur le plus possible.

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