Un quintillion d’activités au DreamHack Montréal

Nous y sommes enfin : le plus grand événement de jeu vidéo compétitif au Canada, et certainement un des plus importants d’Amérique du Nord, est enfin à nos portes. La DreamHack est de retour pour une troisième édition qui s’annonce d’envergure… olympique!

Après deux ans passés à investir la Place Bonaventure, la célèbre organisation suédoise s’est sentie pousser des ailes, quittant le centre-ville pour s’élever jusqu’au prestigieux stade olympique, plus spacieux.

Et avec plus d’une dizaine de compétitions d’envergure internationale, sept tournois BYOC pour un grand total de prix approchant les 400 000$, le rapprochement avec l’arène aux cinq anneaux n’est certainement pas anodin. Et si vous hésitiez encore à passer voir à quoi ressemble le plus grand festival du jeu vidéo compétitif, voici un tour du propriétaire de ce que proposera cette DreamHack Montréal 2018.

WCS Montréal : le Grand Chelem de Serral?

Les WCS de Starcraft II reviennent pour la troisième fois et seront une des pièces maîtresses de l’événement. Quatrième et ultime étape du circuit compétitif, le tournoi représente une des ultimes chances pour se qualifier à la BlizzCon, finale du championnat du monde. Cette année,  une seule question : quelqu’un sera-t-il en mesure de faire tomber le titan finlandais Serral? Leipzig, Austin, Valencia, aucune étape des WCS ne lui a échappé cette année. Mais surtout en août dernier, c’est sur la terre sainte sud-coréenne qu’il est allé écraser ses adversaires, imitant un certain Neeb deux ans plus tôt. C’est d’ailleurs l’Américain qui semble le plus à même de contrecarrer les plans de Serral. Après une année en demi-teinte, le Protoss a fait preuve d’une forme olympique cette semaine, échouant en demi-finale de GSL à Séoul. Côté canadien, il faudra s’en remettre une fois de plus à la joueuse Zerg Scarlett, malheureusement peu performante depuis sa victoire à PyeongChang en février dernier.

Rainbow Six: Siege – Premier Clash de la reprise

Le tournoi de Rainbow Six fera partie des nouveautés de cette édition. Ajouté tout dernièrement, il sera lui aussi une étape marquante de la saison : il s’agit du premier tournoi sous le signe de la reprise suite au Major de Paris. Mais surtout, l’arrivée de l’opération Grim Sky et ses nouveaux agents Clash et Maverick devrait redistribuer les cartes en terme de méta. En espérant un minimum de soucis techniques, les mises à jour majeures étant souvent synonyme de bugs au déploiement. De plus, le vainqueur obtiendra son ticket direct pour le Six Invitational 2019 en février prochain, finale annuelle de la scène R6S.

Si les champions du Major G2 ne seront pas à Montréal, il y aura tout de même du beau monde pour se partager les 50 000$ mis en jeu : Evil Geniuses, Cloud 9, Rogue, SK Gaming, Millenium… Du très gros niveau est attendu au rayon Rainbow Six.

DH Open CSGO : calendrier défavorable

Tout comme l’an passé, l’étape canadienne du circuit DH Open souffre de la concurrence. En plein Major Faceit, autrement dit compétition la plus importante sur la scène CS:GO, il ne reste que des miettes pour venir se disputer les 100 000$ de bourses. On pourra tout de même voir à l’oeuvre les Scandinaves de Heroic, clairs favoris ici, ou encore la légende TaZ, évoluant depuis le début d’année avec Team Kinguin, voire les tristement célèbres jumeaux LUCA1 et HEN1 sous la bannière de Luminosity Gaming.

DreamHack Fighting Game Championship, catégorie poids lourds

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça va cogner dur au stade olympique. La liste des tournois, mais surtout des compétiteurs donne le vertige au rayon des jeux de combat.

À commencer par Street Fighter V, dont le statut de tournoi majeur intégré au Capcom Pro Tour attire les plus grands noms. Montréal aura donc l’honneur de voir combattre le champion en titre du dernier EVO, le Britannique Problem-X, mais également NuckleDu, Momochi, ou encore Justin Wong.

Super Smash Bros. Wii U sera l’autre scène qui va aligner les champions : MkLeo, ESAM, MVD, ANTi, et bien entendu le Montréalais Ally seront les têtes d’affiche de la compétition. Melee sera plutôt bien servi, avec Hungrybox sur la ligne de départ et net favori, en attendant la possible arrivée de Leffen.

Le Suédois hésite d’ailleurs à s’aligner sur DBFZ, jeu toujours spectaculaire à haut niveau et qui sera au DreamHack pour la première fois, étant sorti en début d’année. L’autre petit nouveau sera Brawlhalla, titre plutôt méconnu du grand public mais à la solide communauté. “Brawler”, jeu de combat de plateforme, voire “copie de Smash”, nommez-le comme bon vous semble : il reste que le titre de Blue Mammoth Games, racheté tout récemment par Ubisoft, est hautement compétitif, et se creuse tranquillement sa place dans l’univers esport.

DreamHack Grand Prix sur Hearthstone : Monsanto à domicile

Bien entendu, le jeu de cartes de Blizzard sera de la partie, avec une nouvelle étape du Tour Stop. Outre les 15 000$ en jeu, ce sont surtout les 191 HCT points qui seront chassés par quelques grands noms comme Hunterace, qui a déjà remporté deux étapes du circuit. Face au Norvégien, il faudra compter sur le Montréalais Monsanto pour défendre le territoire. Auteur d’une très belle performance le mois dernier à Buenos Aires, s’inclinant en finale face à Lii, il est l’autre numéro 1 au classement HCT en Amérique. Bozzzton, Feno, Muzzy… Les stars ne manquent pas dans cette compétition qui s’annonce serrée.

Autre nouveau venu dans le secteur des jeux de cartes, Shadowverse sera sur le plancher pour conquérir le marché américain. Sorte de Hearthstone revu et corrigé par les Japonais de Cygames, il s’est taillé une solide place au pays du soleil levant, et compte bien en faire autant dans le reste du monde. Avec 10 000$ de prix et de multiples activités organisées par l’éditeur, la scène Shadowverse sera l’une des curiosités de l’événement.

Les BYOC en épine dorsale

Que serait la DreamHack sans son LAN? Les 1200 joueurs inscrits pourront s’aligner cette année sur Fortnite, PUBG, League of Legends, Rainbow Six: Siege, CSGO, Overwatch, ou encore Rocket League, pour un total de 46 000$ de récompenses. À noter également que les quatre meilleures équipes sur R6S auront la chance d’aller se mesurer aux équipes professionnelles dans le tournoi principal. Un format vital pour faire vivre une communauté et créer une passerelle entre les niveaux amateurs et professionnels.

Le NoReset en forme olympique

De nombreuses activités annexes étofferont l’événement, à commencer par le marathon de speedrun NoReset, qui lui aussi poursuit son développement. C’est pas moins de 56h de prouesses vidéoludiques qui seront diffusées, sur une liste impressionnante de jeux. Comme toujours, les dons sont au profit du Centre de répit Saint-Louis, accueillant les enfants à besoins particuliers comme les troubles du spectre de l’autisme.

Au menu, du jeu rétro comme actuel : les traditionnels runs sur les multiples opus Zelda ou Megaman seront là, tout comme les titres modernes que sont Celeste ou Light Fall, jeu québécois. De nombreuses race runs marqueront cette édition, au cours desquels plusieurs speedrunners s’affrontent en parallèle. Le programme complet est disponible à cette adresse : https://horaro.org/dh/mtl2018, et la diffusion sur la chaîne Twitch du NoReset.

L’autre espace à ne pas manquer sera la Zone Indie Loto-Québec, avec 23 studios locaux annoncés, et qui exposeront leurs créations publiées ou à venir. Une diffusion sur Twitch aura également lieu, mettant en valeur les développeurs pour faire découvrir au public les pépites québécoises. De son côté, le studio Chainsawesome Games tiendra un tournoi sur son titre en développement, Aftercharge, FPS asymétrique en 3 contre 3.

Nintendo sera également présent, avec la possibilité de mettre les mains sur le futur Super Smash Bros Ultimate, attendu avec une impatience fébrile par la communauté Smash. La compagnie japonaise proposera également Mario Tennis Aces, The Messenger et Starlink: Battle for Atlas à l’essai.

Autre spectacle devenu quasi traditionnel, un concours de cosplay avec 3000$ de prix se tiendra le samedi à 14h.

C’est donc un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte pour tout amateur de jeu vidéo compétitif, expert comme amateur ou simple curieux. Coup d’envoi vendredi à 10h, jusqu’à dimanche en fin de journée.

Pour plus d’information : https://dreamhack.com/montreal