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The Dark Pictures Anthology: Man of Medan : angoissant!

En 2015, Supermassive Games nous offrait Until Dawn, un jeu de survie et d’horreur où chaque décision a le potentiel d’influencer grandement le cours des événements. Quatre ans plus tard, le studio britannique récidive avec The Dark Pictures Anthology: Man of Medan. Ce nouveau projet saura-t-il nous faire vivre des histoires interactives tout aussi captivantes que terrifiantes? Je pense que oui, du moins c’est bien parti avec Man of Medan.

The Dark Pictures Anthology se veut une série de jeux faisant honneur à l’horreur, le macabre et l’épouvante. Tel un recueil de nouvelles littéraires, les différents jeux et scénarios de cette anthologie n’ont pas nécessairement de liens entre eux, quoique le conservateur, personnage énigmatique et mystérieux faisant office de guide et gardien des secrets entre certains chapitres de Man of Medan, promet de nous revoir dans les prochains titres. Mais, pour le moment, concentrons-nous sur cette première aventure d’horreur.

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Perdus en mer

Man of Medan nous situe quelque part dans les eaux de l’océan Pacifique. Nos cinq personnages, que nous incarnons à tour de rôle, partent pour une expédition de plongée sous-marine, mais suite à une tempête et des événements imprévus, ils se retrouvent à bord d’un navire abandonné en compagnie de leurs ravisseurs plus que louches. Je n’élaborerai pas sur les détails de l’intrigue pour ne rien divulgâcher, mais il faut noter que le navire renferme de nombreux secrets et l’exploration est cruciale pour ceux qui désirent tous les découvrir.

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Règles de survie

Pour survivre à Man of Medan, il ne suffit pas de prendre les « bonnes » décisions. Étant donné qu’un, plusieurs, voire tous les personnages peuvent mourir à un moment ou un autre, il faut savoir réagir à temps et au bon moment. En explorant le navire, diverses séquences de QTE se déclenchent à l’occasion, et parfois la différence entre la réussite et l’échec se traduit par la mort d’un personnage. Sans être très complexes, ces séquences requièrent un bon synchronisme. Elles sont également légèrement plus difficiles qu’elles ne l’étaient dans Until Dawn, car elles sont un peu moins prévisibles, ce que je trouve très bien, car il n’y a qu’un seul mode de difficulté.

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Aussi, à certains moments stressants et cruciaux pour nos personnages, nous devons demeurer calmes et appuyer sur un bouton au bon moment selon une séquence simulant la fréquence cardiaque de notre protagoniste. Il va s’en dire qu’entendre des battements de cœur qui s’accélèrent n’aide pas vraiment à relaxer. Si la jouabilité du titre de Supermassive Games est assez simple, c’est l’atmosphère qui complique l’aventure pour les joueurs.

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La peur au ventre

Le navire dans lequel se trouvent les différents protagonistes est des plus sinistres. Visuellement, les animations sont très belles et les décors magnifiquement sombres. C’est beau et horrible à la fois, tandis que la bande sonore est tout aussi inquiétante. Constamment, une certaine aura de mystère et d’effroi nous enveloppe. J’ai adoré Until Dawn et j’aime bien avoir des sueurs froides lorsque je joue à un jeu d’horreur. Je n’ai donc pas été déçu par Man of Medan puisque l’atmosphère m’a terrifié du début à la fin. Pour avoir joué avec un ami, j’ai constaté que j’étais beaucoup plus susceptible que lui aux divers éléments de peur et de gore du jeu, mais je l’ai également vu sursauter plus d’une fois.

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Si l’atmosphère m’a fait paniquer à quelques reprises, le scénario de Man of Medan, lui, est très prenant. Il n’est pas extrêmement complexe et peut-être quelque peu court, car quelques heures suffisent à compléter l’aventure une première fois. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit que du premier récit de l’anthologie et que d’autres suivront.

Les différents protagonistes, je dois l’admettre, sont parfois un peu clichés (quand même moins que ceux d’Until Dawn), mais ça ne m’a pas beaucoup dérangé. Nous avons l’impression de nous trouver devant un film d’horreur dans lequel il est évident que certains personnages vont se mettre les pieds dans les plats et éventuellement subir les conséquences de leurs actions, et c’est très divertissant comme ça.

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Effet papillon

Si les décisions dans Detroit: Become Human ont diverses conséquences, c’est également le cas avec Man of Medan. Chacune d’elles peut avoir des conséquences fatales. La plupart du temps, nous nous retrouvons à choisir entre écouter son cœur ou sa tête. Mais parfois, ne rien faire est aussi une option parfaitement valable. Le hic pour nos protagonistes est qu’il n’est pas toujours aisé de prévoir les conséquences des actions posées. Tel le concept d’« effet papillon », une décision à l’apparence anodine peut faire boule de neige et déclencher un événement plutôt néfaste.

Pour guider un peu nos choix, quelques tableaux sont dissimulés dans tout le navire et nous permettent d’obtenir une courte prémonition. Tout comme les totems d’Until Dawn, les tableaux nous laissent parfois entrevoir un danger potentiel, une mort possible ou encore un chemin à suivre. À nous de les interpréter au meilleur de nos capacités et d’agir selon notre désir. Chaque décision influence les relations entre nos personnages de même que leurs traits de personnalité, ce qui influence aussi parfois le cours des événements.

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Ne pas jouer seul

Le mode Movie Night permet de jouer à Man of Medan à plusieurs, soit jusqu’à cinq personnes en se passant la manette. Dans ce mode, chaque joueur se voit attribuer un ou plusieurs personnages et prend la manette à son tour pour jouer. À la fin de chaque acte, le jeu résume les actions des différents joueurs pour les comparer entre eux, par exemple celui qui est le plus indécis ou qui approfondit le plus les relations entre les personnages. Simple, mais tout de même intéressant, j’aurais par contre apprécié de pouvoir jouer en coopératif en même temps à deux manettes.

Le mode Shared Story, quant à lui, est un multijoueur en ligne dans lequel il est possible d’inviter un de ses amis à se joindre à notre partie. Dans ce mode, les deux joueurs évoluent simultanément dans l’aventure en effectuant potentiellement des choix pouvant aider ou nuire à l’autre personne. Je trouve que c’est un mode très intéressant parce qu’on ne peut pas empêcher son ami de faire telle ou telle action, nous obligeant ainsi à subir les conséquences des décisions d’autrui.

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Man of Medan, tout comme Until Dawn avant lui, est intrigant, mystérieux et terrifiant par moments. L’atmosphère est étrange, inquiétante et nous enveloppe d’angoisse tout au long de notre périple. Le scénario est un peu court (4-5 heures de jeu), mais pour tout découvrir les secrets et pour essayer diverses possibilités, il est nécessaire de recommencer l’aventure à quelques reprises. L’avantage : beaucoup de choses diffèrent d’une partie à l’autre selon nos choix, ce qui confère une très grande rejouabilité au jeu.

Pour l’avoir complété quelques fois déjà, je n’ai toujours pas tout découvert ni réussi à faire survivre les cinq protagonistes. Cependant, le déplacement de ces derniers est parfois laborieux. Se promener le long des corridors ne pose aucun problème, mais lorsque vient le temps de franchir des portes ou de sélectionner un élément de l’environnement, il est parfois difficile de bien se positionner. Ceci dit, ça ne m’a pas empêché de terminer Man of Medan plus d’une fois, en sursautant à peu près aux mêmes endroits à chaque nouvelle partie.

De plus, ceux ayant précommandé le jeu ont accès au Curator’s cut, une version alternative de l’histoire dans laquelle nous expérimentons le même récit avec les mêmes personnages, mais selon différents points de vue. Par exemple, le premier chapitre de la version originale (et non pas l’introduction) nous fait incarner Brad, tandis que celui du Curator’s cut nous fait incarner Alex. De légères différences nous permettant de redécouvrir le récit et de mieux saisir certains événements. Ce mode sera accessible à tous d’ici la fin de l’année. Donc, si vous recherchez des frissons, ce premier titre de la série The Dark Pictures Anthology est pour vous. Le prochain, Little Hope, sortira en 2020.

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Verdict
Excellent
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