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The Church in the Darkness : pacifique ou hostile?

Freedom Town. Une communauté utopique ou une secte manipulatrice? C’est ce que les développeurs, Paranoid Productions, nous proposent de découvrir avec leur récent titre The Church in the Darkness. Un peu d’action, mais surtout de l’infiltration et un scénario qui se modifie d’une partie à l’autre.

La communauté utopique et socialiste de Isaac et Rebecca Walker fuit la Californie pour s’établir au milieu d’une jungle sud-américaine. En incarnant Vic, dont nous pouvons choisir le sexe et la couleur de peau, nous devons infiltrer la communauté fermée de Freedom Town à la recherche de notre neveu, Alex.

En fouillant les bâtiments en quête d’informations, nous pouvons dénicher des cartes pour nous aider à nous orienter ou encore discuter avec les rares membres de la communauté non hostiles à notre présence pour qu’ils nous indiquent avec davantage de précision l’endroit où se trouve Alex.

image 1 The Church in the Darkness

De multiples scénarios

Chaque nouvelle partie offre la possibilité de jouer avec de nouveaux paramètres. Plus particulièrement, la carte se réinitialise en modifiant notre point d’entrée de même que l’emplacement des ressources à notre disposition et des différents personnages, dont Alex. De plus, les leaders Isaac et Rebecca Walker adoptent de nouvelles valeurs ainsi qu’une nouvelle personnalité.

Parfois, The Church in the Darkness nous confronte à une véritable secte dont les deux leaders sont « mauvais », nous confirmant par le fait même que s’enfuir avec Alex est la meilleure option. D’autres fois, la communauté peut être saine avec des leaders bienveillants, nous incitant à y rester. À d’autres moments, c’est encore plus complexe et la seule façon de savoir à quoi nous en tenir est de lire tous les documents trouvés et de questionner certains personnages. Nous pouvons aussi directement demander à notre neveu s’il désire rester ou quitter Freedom Town.

Des fins alternatives

Puisque le scénario diffère d’une partie à l’autre, nos actions entraînent des conséquences différentes également selon notre approche. Est-ce que nous infiltrons la communauté de façon furtive en neutralisant les gardes armés sans les tuer, ou optons-nous pour la manière forte en tirant à vue sur ceux qui se dressent devant nous? Quel que soit notre choix, il aura un impact sur la résolution de l’histoire.

Choisirons-nous d’accomplir les objectifs secondaires et de venir en aide aux membres d’une possible secte ou allons-nous nous concentrer sur notre propre sécurité et celle de notre neveu en laissant les autres à leur sort? The Church in the Darkness nous laisse aborder le jeu à notre guise et ses multiples fins possibles confèrent au jeu une certaine rejouabilité intéressante.

image 2 The Church in the Darkness

Un concept intéressant

Avant le début d’une nouvelle partie, nous pouvons décider avec quels objets nous désirons commencer notre mission, à la manière d’un Hitman dans lequel nous choisissons les armes et gadgets qui nous seront le plus utiles. Ici, je dirais que les objets les plus pratiques selon moi sont le déguisement permettant de réduire la portée de vue des gardes, une trousse de soins, ainsi qu’une arme tranquillisante ou létale.

Malgré ce avec quoi nous commençons, il est possible de trouver d’autres armes, des médicaments, du chloroforme et d’autres objets divers. Le mieux est d’explorer et de fouiller un peu partout.

Infiltrer une communauté restreinte ou une secte est un sujet particulier à aborder et je considère que The Church in the Darkness le fait bien, notamment avec la liberté de choix qui entraîne différentes possibilités de résolution du scénario. Le sujet n’est pas trop lourd dans ce jeu, même si certaines actions peuvent s’avérer drastiques et avoir comme conséquences un suicide de masse, mais il n’est pas non plus pris à la légère et c’est ce que j’aime du titre de Paranoid Productions.

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Quelques maladresses

The Church in the Darkness possède toutefois quelques défauts qui dérangent un peu. D’abord, l’intelligence artificielle n’est pas toujours au meilleur, car si parfois nous passons tout près de la zone de vue d’un garde sans qu’il ne semble nous voir, d’autres fois il remarque notre présence un peu trop rapidement, même si le fait que nous sommes dans un bâtiment rend la détection peu probable.

Également, viser avec une quelconque arme n’est pas si intuitif, ce qui nous fait parfois manquer notre tir parce que nous n’arrivons pas à verrouiller notre cible. Si nous préférons neutraliser les gardes sans les tuer, il faut bien noter qu’ils finissent par se réveiller plus vite que nous nous y attendons, ce qui rend la neutralisation non létale quelque peu inutile si nous ne cachons pas les corps.

La vue à vol d’oiseau et les graphismes peuvent s’avérer intéressants pour ce genre de jeu, mais ils peuvent être tout aussi défavorables, car j’ai trouvé les gardes parfois difficiles à repérer et leur zone de perception encore plus ardue à discerner puisqu’elle se confond aisément dans le décor. Ce sont essentiellement quelques points qui peuvent ralentir un peu la progression et irriter les joueurs qui n’auront pas tous la patience de surmonter ce genre de détails.

image 4 The Church in the Darkness

Un scénario qui peut évoluer de plusieurs façons est toujours un aspect stimulant dans un jeu. La possibilité de rejouer et d’être confronté à de la nouveauté par le biais de la personnalité des leaders de Freedom Town rend ce jeu intéressant, surtout en sachant que nos actions aussi influencent la résolution de l’histoire.

Cependant, les quelques défauts nuisent beaucoup au jeu, selon moi. Malgré l’envie de découvrir toutes les fins possibles, l’intelligence artificielle un peu étrange nuit à notre progression, tandis que l’imprécision des tirs est assez agaçante et donc, nous nous faisons capturer ou abattre et devons recommencer. Ce qui dérange, c’est que nous ne sommes pas dans un jeu où mourir nous encourage à nous améliorer tel Sekiro : Shadows Die Twice. Au contraire, j’ai parfois eu l’impression de devoir recommencer suite à un point faible du jeu.

Au final, j’ai eu l’impression qu’au lieu d’infiltrer une communauté utopique, je devais simplement éviter les gardes en fuyant autant que possible. Ceci dit, je pense que The Church in the Darkness reste une bonne idée et qu’il traite bien le concept de culte religieux, de leaders charismatiques et de ce qui peut arriver dans ce genre de communautés. Il n’a peut-être besoin qu’un peu de peaufinage pour réellement s’épanouir comme jeu.

image 5 The Church in the Darkness

Verdict
Mitigé
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