Sekiro : Shadows Die Twice – La patience est une vertue

Que ce soit de réputation ou parce qu’on y a joué, on connaît les jeux type souls de From Software. Ces jeux au niveau de difficulté élevé où le joueur sue à grosses gouttes juste pour vaincre un ennemi. Ce genre de jeu où ce n’est plus le plaisir de jouer qui domine, mais plutôt l’obstination à relever un défi presque infaisable. Vous pensiez que les Darks Souls et compagnie étaient difficiles, et bien à côté de Sekiro Shadows Die Twice, c’est de la petite bière.

Sekiro : Shadows Die Twice représente parfaitement l’ambiance et la lourdeur du Japon féodal. Avec une scène d’introduction tout droit sortie de l’anime Ruroni Kenshin, on nous y présente le protagoniste Sekiro maintenant surnommé Okami (Loup en japonais). Sekiro est un shinobi de peu de mots qui est au service d’un jeune héritier descendant d’une longue lignée de nobles ayant un sang spécial, le sang de dragon. Genichiro, le grand méchant de l’histoire, convoite le pouvoir de ce sang spécial pour sauver son clan qui est sur le déclin et a kidnappé le jeune héritier. Sekiro part donc en quête pour retrouver et libérer son maître avant que son sang ne soit versé. C’est donc dans une ambiance de vieux films où les dialogues et le ton des acteurs se doivent d’être remplis de sagesse, de profondeur et lourds de signification que l’on découvre le jeu Sekiro : Shadow Die Twice.

Une mort punitive

Suite au kidnapping du jeune héritier, Sekiro apprend qu’il est immortel, cependant son pouvoir de résurrection n’est pas sans conséquence et est limité. Chaque mort de Sekiro affecte celui-ci ainsi que les NPC. Les conséquences pour Sekiro, sont la perte des points d’expérience et d’argent sur le niveau en cours, mais aussi que le gain des expériences et des autres items est coupé de moitié lorsque l’on retente le combat. En ce qui concerne les NPC que l’on rencontre, qui nous aident dans l’histoire où nous donnent des quêtes, ceux-ci sont affligés par la peste du dragon. Plus on meurt, plus ils sont malades et plus haut est le risque qu’ils ne puissent nous aider dans notre quête, soit par des dialogues qui seront bloqués ou simplement dans la progression de leur quête. Sekiro a deux vies, donc une seule résurrection. Après cette résurrection, il est impossible de ramener notre shinobi de peu de mots à la vie durant un combat et il faudra recommencer celui-ci de zéro.

Pour aider Sekiro dans sa quête, celui-ci est armé de son katana ainsi que d’un bras mécanique sur lequel on peut y intégrer plusieurs mécanismes différents. Tout au long de l’aventure, Sekiro trouvera des armes et outils de combats qu’il devra apporter à un vieux sculpteur de bois aveugle. Celui-ci modifie le bras pour inclure de nouveaux mécanismes de défense ou de combat. Ce personnage est très important dans l’accomplissement de votre quête et heureusement, c’est l’un des trois seuls personnages non jouables qui, même s’il est affecté par la peste du dragon, ne sera pas bloqué et pourra vous aider, malgré sa maladie avancée.

Tout est dans le timing

La jouabilité de Sekiro est intuitive, je me suis rarement mélangée dans les commandes. Cependant, il faut savoir si vous êtes du genre à faire du mash button dans les affrontements, il vous sera impossible de réussir à avancer dans l’histoire et vaincre les ennemis. Le mécanisme de combat, ainsi que la routine des mouvements des ennemis font en sorte qu’il faut être précis à la milliseconde près. Si donc vous ne faites que peser de manière répétitive sur tous les boutons d’attaque, il est garanti que vous n’arriverez pas à vaincre vos ennemis. Comme tout bon shinobi, il faut être rapide, mais réfléchi. De plus, si vous êtes un grand habitué des soulsborne, le défi sera différent, mais de taille, car il vous faudra désapprendre les mouvements auxquels vous étiez habitués. Fini les roulades pour échapper à l’ennemi, dans Sekiro : Shadows Die Twice, c’est la parade qui domine à l’esquive. Pour vaincre un ennemi, il y a plusieurs méthodes qui fonctionnent, la plus simple est de déstabiliser votre adversaire pour ensuite lui asséner le coup fatal, mais cette méthode ne fonctionne pas sur tous les ennemis rencontrés. Vous pouvez aussi être plus furtif et simplement tuer les ennemis par surprise. Ce système fait qu’on a vraiment l’impression d’être sur un jeu de combat, voire parfois même un jeu de rythme, via ce concept de déviation.

Le sentiment de véritablement livrer un combat au sabre est grisant et assez unique. Le système de déviation et blocage est plus permissif que celui des soulsborne, étant donné qu’on va juste bloquer le coup si on est trop tôt, et prendre juste dans la barre de posture. Les boss ont dans l’ensemble une assez grande variété et il faudra souvent aborder le combat de manière assez unique, et comme toujours, beaucoup observer et réfléchir à l’utilisation de son arsenal à bon escient. Pour maîtriser parfaitement les techniques de combat, il y a possibilité de s’entraîner auprès d’un autre immortel qui est situé près du temple où le sculpteur de bois se trouve. Cet entraînement est extrêmement utile pour comprendre les mécaniques de combat et s’améliorer au niveau du timing des attaques, des esquives et de la parade.

Des minis défauts

Sekiro n’a pas énormément de défauts. Il m’est arrivé, mais très rarement, que Sekiro ne répondait pas exactement à mes commandes. Par exemple, je pousse le joystick vers l’arrière pour le faire esquiver en reculant et celui-ci fait une esquive vers l’avant (Ce qui m’a amené à une mort certaine) Ce genre de mélange des commandes m’est arrivé à quelques reprises, c’est vrai, mais comme cela arrivait rarement ce n’est pas quelque chose qui m’a énormément dérangé. Autre petit défaut, et là c’est vraiment personnel, c’est l’absence de carte pour s’orienter dans le monde. Il faut comprendre que je suis quelqu’un qui n’a aucun sens de l’orientation, alors pour moi la carte est extrêmement utile pour me retrouver. Pas obligé que celle-ci soit affichée dans le bas de l’écran, mais juste avoir accès à une carte que l’on ouvre via le menu aiderait énormément à se repérer et surtout à ne pas manquer certains objets utiles pour la progression du jeu.

Si difficile que ça ?

Parlons maintenant du sujet qui revient toujours lorsque l’on parle de Sekiro, son niveau de difficulté. On va pas se le cacher, le jeu est très difficile, et ce même si on maîtrise les combats et le timing d’exécution. Malgré le fait que j’adore son histoire, son graphisme, sa jouabilité et son ambiance sonore, Sekiro est l’un des rares que je ne finirais pas d’un seul coup. Je trouve cela vraiment dommage parce que, ce qui était supposé être un de ses points forts est en fait, en quelque sorte, sa béquille. J’entends déjà les fans des jeux types Dark souls : « Ben là, à quoi tu t’attendais d’un jeu soul-like. C’est normal qu’il soit difficile. » Alors je tiens à préciser ceci : j’aime quand il y a du défi, en fait j’adore ça! Un jeu trop facile c’est plate. Mais il y a quand même une limite. Le niveau de difficulté des mini-boss et des boss est beaucoup plus élevé que celui des ennemis normaux, celui-ci n’augmente pas de manière progressive, mais par plateau.. Si un boss te touche, c’est la mort assurée et cela peut être assez frustrant. Pour ceux qui adorent ce genre de défi, c’est parfait. Mais je crois que pour ce genre de jeux, il faut offrir la possibilité au joueur de choisir le niveau de difficulté.

Je ne dis pas de mettre le jeu à un niveau tellement facile que Sekiro ne meurt jamais. Non, cela gâcherait complètement le concept du jeu qui est punitif par rapport au nombre de morts du protagoniste. Mais, le jeu devrait offrir une difficulté progressive et non par plateau, pour laisser au joueur le temps de bien s’adapter aux contrôles. Ou encore, si le joueur meurt plus d’une vingtaine de fois contre le même boss, qui est un nombre déjà assez élevé, de lui offrir la possibilité de réduire le niveau de difficulté du boss problématique pour que le joueur puisse le vaincre et continuer l’histoire.

Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de difficulté à écrire cette critique. Non pas parce que je n’ai pas aimé le jeu, bien au contraire, mais parce que je ne veux juste pas que la seule chose que l’on retienne de Sekiro, c’est son niveau de difficulté. Il a tellement de choses à offrir, tant au niveau des graphismes qui sont tout simplement sublimes et sombres, que l’ambiance sonore qui est intense, ainsi que dans la jouabilité qui est intuitive et presque sans défauts. Ce tout fait de Sekiro : Shadows die twice, l’un des meilleurs jeux de 2019 auxquels j’ai joué. Et même si présentement, c’est plus de l’obstination de relever un défi que le plaisir d’y jouer qui prend le dessus, le sentiment d’accomplissement que l’on a lorsque l’on vainc un ennemi difficile est littéralement jouissif.

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Verdict
Excellent
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