Rétrospective Dr. Mario : une série de jeux intemporelle

Entre deux sauvetages de princesse, notre ami Mario est un plombier très occupé. Un de ses passe-temps préférés c’est d’écraser des Goombas, mais aussi de conduire un Kart et de taper quelques balles de Golf. En dehors de ça, sûrement guidé par sa haute consommation de champignons, il a aussi été chercher un titre de docteur afin de combattre les virus qui menacent le royaume. C’est peut-être de cette manière qu’a vu le jour Dr. Mario, mais le plus probable c’est simplement que Nintendo voulait proposer un jeu de puzzle original.

Il faut sauver ta NES

Comme bien trop souvent avec les productions de Nintendo de l’époque de la NES, il est difficile de trouver de la documentation et il faut parfois se contenter d’indices ou de suppositions. Il faut dire que dans le cas de Dr. Mario, on est pas devant une licence qui a la reconnaissance que peut avoir un Metroid ou un Kid Icarus.

Étant sorti en juillet 1990 sur NES, juste quelques mois après Tetris, il y a de forte chance que Dr. Mario est directement été inspiré par le jeu de Alexey Pajitnov. C’est la division Research & Development 1 de Nintendo qui est derrière le développement de Dr. Mario, avec donc sans surprise Gunpei Yokoi comme producteur. À la supervision, on retrouve des noms un peu moins connus, comme celui de Hiroji Kiyotake, crédité également comme designer graphique et à qui on doit la création de personnages comme celui de Samus Aran ou Wario.

Dr. Mario est le premier jeu à avoir bénéficié du Super Mario Club, une équipe créée par Kenji Saiki au sein de Nintendo, afin de tester certains jeux et participer à leur débogage quand les programmeurs n’ont pas le temps de le faire eux-mêmes. Un contrôle de qualité qui a été mis en place initialement pour Dr. Mario, mais qui a connu un tel engouement que le Super Mario Club a été conservé, notamment pour travailler sur la série des jeux Mario et Pokémon.

Simple, mais complètement addictif

Aussi dingue que cela puisse paraître, il y a une histoire dans Dr. Mario. Notre ancien plombier travaille dans un laboratoire de recherche sur les virus, qui se situe à l’hôpital du royaume champignon, en compagnie de l’infirmière Peach. Mais une expérience se déroule mal et l’hôpital est envahi par un virus tricolore. Dr. Mario va alors s’armer de mega-vitamines, une de ses inventions, pour neutraliser l’épidémie.

Nous voilà donc responsables de la sûreté du royaume, en devant jeter des pilules dans une éprouvette qui contient des bactéries. L’action se déroule dans le milieu de l’écran, tandis que Dr. Mario dans le haut nous montre la prochaine pilule. L’objectif est de détruire les virus avec l’aide des vitamines qui ont la couleur correspondante. Il y a ainsi trois couleurs, en plus du fait qu’une pilule peut être divisée en deux et avoir ainsi avoir une couleur différente sur chaque côté.

Un principe difficile à décrire en quelques mots, mais qui est pourtant très simple à comprendre quand on a une manette entre les doigts. Par exemple, si on veut éliminer un virus rouge et qu’on a une pilule rouge et bleue, il suffit de la tourner et de poser le côté rouge sur le virus rouge. La vitamine va alors se diviser et la partie bleue va continuer son chemin vers le bas. Il suffira ensuite de répéter l’opération jusqu’à avoir quatre blocs de même couleur, incluant le virus, pour faire disparaître ce dernier.

Le but étant de vider l’éprouvette de tous les virus et de passer ainsi au niveau suivant, tout en marquant des points. Il est possible de faire des combos afin d’augmenter encore plus le compteur de score. Comme dans Tetris, il nous est possible de déterminer le niveau où on veut commencer, ce qui veut dire plus de virus si on monte vers le haut, ainsi que la musique et la vitesse de descente des pilules. La chance est quand même un grand facteur dans Dr. Mario, mais c’est aussi ce qui rend les parties très imprévisibles et amusantes.

Un succès d’estime, mais pas de quantité

Le personnage de Dr. Mario sera surtout popularisé pour son apparition dans la série Super Smash Bros en tant que combattant jouable. Mais si on s’arrête un instant sur la liste de jeux de la série Dr. Mario, on se rend compte qu’il n’y a pas eu tant de titres que ça. On peut avoir l’impression du contraire, mais c’est parce que la plupart des jeux ont eu des rééditions sur les plateformes de téléchargement. Ce qui donne le sentiment que la série à une grande quantité de jeux à son actif, alors que la plupart sont des portages du jeu d’origine sur NES.

Le jeu original est évidemment sorti en juillet 1990 sur NES, puis sur GameBoy, qui sera surtout popularisé pour son mode 2 joueurs grâce à son câble qui permet de connecter deux consoles ensemble. Le multijoueur a connu un tel succès, qu’il fut édité en deux bornes d’arcade sous le nom Vs. Dr. Mario. Leur seule différence c’est que l’élimination des virus rapporte moins de points que sur console.

En 1994, c’est la Super Nintendo qui accueille Tetris & Dr. Mario. Le jeu est similaire à sa version NES, même si on peut noter un changement graphique, ainsi que l’apparition d’un mode versus contre l’ordinateur. Autrement, le principe reste identique et la seule originalité vient du fait qu’on alterne les parties en Tetris et Dr. Mario en versus contre un ami.

Entre mars 1997 et juin 2000, Nintendo distribue Dr. Mario BS Version sur Satellaview. Il s’agit d’un appareil qui se connecte sous la Super Famicom, permettant de télécharger des jeux sur une mémoire interne. Le jeu est similaire à la version de Dr. Mario présente dans Tetris & Dr. Mario. Cette dernière version n’ayant pas été distribuée au Japon.

Il faut attendre avril 2001 et la Nintendo 64 pour avoir un peu de changement, mais surtout une vraie suite avec Dr. Mario 64. Le concept reste identique, mais on y greffe cette fois plusieurs modes. Outre le mode classique et contre l’ordinateur, on souligne l’apparition d’un mode histoire dans lequel Mario pourchasse Mad Scienstrein et Rudy le Clown (des personnages de Wario Land 3), alors qu’ils ont volé les pilules de vitamines. On peut aussi y incarner Wario, qui poursuit également les deux vilains, mais parce qu’il voulait lui aussi voler les vitamines pour s’enrichir.

En parallèle, on peut aussi lancer le mode Flash, dans lequel il faut éliminer avant l’ordinateur trois virus qui clignotent. En Score Attack, on a trois minutes pour enlever tous les virus de l’écran. Tandis que le Marathon est un mode infini où il faut faire le plus de points possible. Le mode versus, Flash et Score Attack sont également jouables à deux joueurs, mais le plus amusant reste le multijoueur qui permet de profiter des quatre ports manette de la Nintendo 64, pour s’affronter à 4 joueurs devant le même écran.

Dr. Mario 64 sera compilé en 2003, en compagnie de Tetris Attack et Yoshi Cookie dans un jeu sur GameCube, sorti exclusivement au Japon.

L’époque du numérique

Les années qui suivront n’auront que peu de sorties basées sur la licence Dr. Mario et toutes seront seulement disponibles sur des plateformes de téléchargements.

En 2008, le Wiiware voit débarquer Dr. Mario Online RX, qui reprend dans les grandes lignes une partie du contenu de Dr. Mario 64, en incluant la possibilité évidemment de jouer en ligne, ainsi qu’en local avec un autre joueur sur la Nintendo DS. Puis en 2009, c’est la Nintendo DSi qui obtient son Dr. Mario Express. Il s’agit des mêmes développeurs que pour la version Wiiware, ce qui explique que le contenu est semblable, mais cette version reste décevante, car elle ne contient pas de mode multijoueur.

Il faut attendre 2013 sur Wii U pour avoir un peu de nouveauté avec Dr. Luigi. Cela reste dans l’esprit de Dr. Mario, sauf que c’est le plombier vert qui est à l’honneur, car le jeu sort pour le Year of Luigi, qui célèbre l’anniversaire des 30 ans du personnage. Le principe reste inchangé, mais on y incorpore une difficulté supplémentaire, avec deux capsules accrochées ensemble et qui forment la lettre L. Un changement qui fut très bien reçu de la part des joueurs et de la critique.

Et en 2015, c’est au tour de Dr. Mario : Miracle Cure d’atterrir sur Nintendo 3DS. Et encore une fois pas de grands changements, dans la mesure où le jeu intègre des modes provenant des jeux précédents. Notamment, les fameuses capsules en L. La seule nouveauté réside dans l’ajout d’une jauge spéciale qui une fois remplie fait tomber des gélules +, qui aident à éliminer une ligne de couleur sur l’écran.

Une chouette licence, mais sans surprise

Il est rare de dire ça, mais Dr. Mario est une des licences Nintendo qui s’est un peu endormie sur ses lauriers. Il n’empêche pas d’être devant des jeux dont le principe est resté intemporel. On aurait peut-être apprécié que la série évolue un peu plus au fil des décennies, avec de nouveaux modes de jeu. Mais cela reste quand même un concept vraiment frais et sur lequel on revient avec grand plaisir, peu importe la génération de consoles.

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