Mutant Year Zero – Road to Eden : un post-apocalypse tactique des plus prenants

La Terre, quelques siècles après la fin de l’humanité, n’est plus qu’un monde post-apocalyptique dans lequel la nature a repris ses droits et qui est maintenant peuplé de mutants, de robots et de créatures de toutes sortes.

 

Inspiré du jeu de rôle sur table du même nom, Mutant Year Zero : Road to Eden est un jeu d’aventure tactique au combat au tour par tour qui mêle exploration, furtivité, stratégie et des éléments RPG pour former un tout original et divertissant. Développée par The Bearded Ladies Consulting, dont certains designers ont travaillé sur Hitman et Payday, cette aventure tactique m’a agréablement surpris. Incarnant une escouade de mutants appelés Stalkers qui s’aventure dans la Zone, l’environnement hostile extérieur à l’Ark, en quête de matériel utile à la survie, nous nous retrouvons rapidement sur les traces de Hammon, un résident de l’Arche, enlevé par la Nova Sect, une faction ennemie qui cherche à détruire la Zone, l’Arche et ses habitants. Tout en recherchant ce dernier, nos mutants se questionnent sur l’existence d’Eden, un endroit légendaire qui serait à la fois sécuritaire et paradisiaque…

Nous débutons notre exploration de la Zone avec l’aide de deux personnages, Bormin le sanglier et Dux le canard. Le duo sera éventuellement rejoint par d’autres mutants, plus charmants les uns que les autres, au fil de notre progression. S’ils n’ont pas tous une apparence animalière, nos mutants possèdent leurs propres pouvoirs et habiletés spéciaux à déverrouiller, les rendant uniques et nous permettant de bien sélectionner avec quels personnages nous poursuivons l’aventure, notre équipe étant constituée de trois mutants à la fois, même s’ils sont facilement interchangeables lors des phases d’exploration (hors combat). Le territoire à explorer consiste en de multiples petites zones interconnectées cachant des bouts de ferraille, des artefacts, des armes et des armures dans ses moindres recoins. Fouiller chaque zone dans son intégralité à la recherche de ces objets divers pouvant nous donner un avantage est donc une bonne idée puisque chacune d’elle est également infestée d’ennemis.

Les ennemis que l’on rencontre sur notre route prennent la forme de toutes sortes de ghouls. Plutôt faciles à vaincre lorsqu’ils sont seuls, ils deviennent plus redoutables en bandes, surtout que certains ont le pouvoir d’appeler des renforts ou de ressusciter les morts. Avant d’entamer un combat, il est important d’user de stratégies : la plus efficace est probablement d’assassiner discrètement les ennemis plus faibles qui s’éloignent du groupe, afin de réduire le nombre d’adversaires, ce que je recommande pour l’avoir appris à mes dépens. La furtivité est donc de mise, car si l’on n’est pas assez discret (ou que l’ennemi rallie ses compères avant d’être achevé), le groupe entier de ghouls est alerté et l’affrontement peut s’avérer ardu si ceux-ci sont encore trop nombreux ou trop puissants.

Durant la phase de combat au tour par tour, chaque personnage dispose de deux points d’action leur servant à se déplacer, à attaquer, à recharger leur arme, à se mettre en position défensive, etc. Il est donc primordial de bien réfléchir avant d’entreprendre une action. Pour les amateurs de XCOM, vous serez en terrain familier. Positionner nos mutants à des endroits stratégiques, selon les forces de chacun, est aussi une bonne idée avant de tendre notre embuscade. Après chaque combat, notre troupe de stalkers augmente de niveau. C’est alors l’occasion d’améliorer les talents de nos mutants et de récupérer le butin des ghouls vaincus. Si, toutefois, l’ennemi se montre trop coriace pour nous, il peut être judicieux de retourner explorer des zones moins dangereuses pour acquérir plus d’expérience. Il faut noter que les ennemis terrassés ne réapparaissent pas, ce qui n’aurait pas été nécessaire de toute façon puisque si nous prenons le temps de découvrir chaque zone et de mener chaque combat à terme, nous obtenons l’expérience requise pour poursuivre la mission. En plus de monter de niveaux, il peut être important de penser à se réapprovisionner à l’Arche.

L’Arche est l’endroit où l’on peut acheter de nouvelles armes, les renforcer, se ravitailler en trousses de soins et échanger notre collection d’artefacts contre des améliorations en tous genres. Il est également possible de personnaliser nos stalkers en les affublant d’armures et de chapeaux divers qui leur octroient des bonus supplémentaires en plus de leur donner un look plutôt comique. L’humour est assez présent dans ce jeu et l’on ne manquera pas de sourire à l’une des nombreuses répliques échangées entre nos attachants protagonistes. Je pense par exemple au moment où l’un d’eux découvre une boombox (une radiocassette) et qu’ils sont persuadés qu’il s’agit d’une bombe. À ces échanges s’ajoutent des passages narratifs qui confèrent, selon moi, encore plus de profondeur au scénario déjà bien écrit. En parcourant la Zone, on peut voir que les décors et paysages sont simples et beaux, nous imprégnant réellement du style post-apocalyptique avec une bande sonore qui, sans être mémorable, est tout aussi immersive. Pour ceux qui désirent se mettre au défi, en plus des modes de difficulté normal, difficile et très difficile, il y a la possibilité d’activer l’option Iron Mutant qui permet de jouer avec la mort permanente (si elle a lieu) et ce, sans sauvegarde manuelle. Pour les plus braves!

Si le titre de The Bearded Ladies Consulting me plaît beaucoup, il est loin d’être parfait. En effet, pendant mes sessions de jeu, j’ai expérimenté un peu de lag, il y a eu du ralentissement au niveau de la bande sonore chaque fois où je suis arrivé dans une zone : la musique et les dialogues coupent avant de repartir normalement. Un bogue m’a, de plus, mis dans de beaux draps lors d’un combat quand un de mes stalkers s’est vu éjecté de l’assaut et envoyé à l’entrée de la zone sans aucune raison. Je dois admettre également que si j’aime bien que les ennemis vaincus le restent, il aurait pu être intéressant d’avoir un mode de jeu où l’on peut rejouer des combats contre des ghouls (même si parfois ils peuvent être quelque peu répétitifs lorsqu’on s’intéresse davantage à la mission) ou encore se mesurer contre des amis en local ou en ligne. Ceci dit, le mélange de furtivité et de combat tactique, l’histoire prenante et les aspects narratifs, tels les commentaires du leader de l’Arche (the elder) sur notre progrès, font tout le charme de Mutant Year Zero : Road to Eden qui est un très bon jeu qui nous rend accro du début à la fin.

 

Verdict
Très bon
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