Ludum Dare : Behaviour Interactif ouvre ses portes à la communauté

La fin de semaine passée se déroulait Ludum Dare. Littéralement « jeux à donner » en latin, l’évènement est un game jam mondial qui existe depuis 2002. Tous les quatre mois, des créateurs de jeux, professionnels comme amateurs, sont conviés à participer à une compétition de création de jeux de 72 heures. Pour l’occasion, l’équipe du studio montréalais Behaviour Interactif a ouvert ses portes à une centaine de créateurs en herbe. Je suis allé y faire un petit tour samedi après-midi pour tester quelques-uns des jeux créés pendant la fin de semaine.

Première visite pour ma part des bureaux de Behaviour, je dois souligner que ce n’est pas juste une première pour moi. Comme me l’explique Marie-Eve Boisvert, vice-présidente communications, le studio a récemment décidé d’ouvrir ses portes au public et aux médias. En effet, bien que la compagnie ait été fondée à Québec il y a 27 ans, elle est peu connue du grand public. En partie à cause de son catalogue qui est principalement composé de jeux développés en sous-traitance. Cependant, avec la mise sur le marché de jeux originaux, comme leur dernier succès Dead by Daylight, l’équipe désire se rapprocher de la communauté montréalaise.

Dans cet ordre d’idée, Mme Boisvert profite de ma visite pour me faire un petit tour de leurs espaces. En bref, l’entreprise est en pleine expansion, le récent déménagement dans le Mile-Ex en est une des preuves les plus tangibles. Leurs locaux, très grands, accueillent plus de 500 employés, dont 200 se sont joints dans la dernière année et c’est sans compter sur les 90 et quelques postes présentement ouverts. Divisés en quatre unités d’affaires (sous-traitant en développement de jeux, développement de jeux originaux, développement de versions mobiles de jeux AAA et solutions d’affaires utilisants les méthodes et techniques propres à l’industrie du jeu vidéo), l’équipe a travaillé sur de nombreuses licences marquantes : Looney Tunes, Monsters Inc., Halo et Fallout pour n’en citer que quelques-uns.

Une fois la visite terminée, on me guide dans l’espace prévu pour le game jam où regards fatigués se mélangent avec sourires satisfaits. J’en profite pour discuter avec Frédéric Hamel, organisateur de l’évènement et directeur technique de Behaviour. Il m’explique que si ce n’est pas le premier game jam qui se déroule dans les bureaux Behaviour, c’est la première fois que l’évènement est ouvert au public. Par contre, les inscriptions étaient d’abord réservées aux employés et c’est environ une trentaine d’entre eux qui ont répondu à l’appel avant que ce soit ouvert au grand public.

Cette activité qui se voulait un rapprochement entre Behaviour et la communauté montréalaise était entièrement gratuite. Et l’équipe n’a pas lésiné sur les avantages : bière et nourriture gratuite toute la fin de semaine, espace détente, équipe de mentors pour n’en citer que quelques-uns. En effet, des employés de Behaviour ont passé la fin de semaine sur place pour aider les équipes. À cela s’ajoute un jury composé de dix employés d’expérience qui avaient pour tâche, le samedi en fin d’après-midi de tester tous les jeux pour remettre des prix comme celui du meilleur jeu ou du jeu le plus fun. En plus de certificats, c’est près d’une cinquantaine de cadeaux (Sega Genesis Flashback, carte cadeau de 100$ sur Steam, ensemble Raspberry Pi, souris de gaming, etc.) qui ont été distribués parmi les participants.

D’ailleurs, j’ai eu l’opportunité de tester le jeu de l’équipe gagnante. Titré Greedy HP, le principe reprend de façon simple et efficace le thème du game jam : Life is currency. Dans une arène et avec une esthétique rappelant Bomberman, les joueurs volent les coeurs de leurs adversaires pour ensuite les déposer dans leur zone. Quand le temps est écoulé, le joueur qui en a le plus dans sa zone l’emporte. Le truc? On peut dépenser des coeurs accumulés pour aller plus vite. En discutant avec l’équipe de 7, majoritairement composée d’étudiants, j’ai tenté de savoir ce qui les motivait à participer à un game jam. L’argument principal : se faire un portfolio, outil nécessaire pour trouver un emploi dans le milieu. Dans tous les cas, pour avoir testé le jeu, je crois qu’ils ont clairement quelque chose de solide.


L’équipe gagnante : Linna Lim, Roxanne Corbeil, Mathieu Fontaine, Arthur Fournier, John Barry, James Delsoin (et Marianne Nobert qui n’est pas sur la photo).

Pour ceux que ça intéresse, il est possible d’aller essayer les jeux créés, à Montréal mais aussi partout dans le monde et même de voter, jusqu’au 20 mai, pour ses préférés. Tous les détails sur le site de Ludum Dare.

L’histoire de Behaviour Interactif en 4 tableaux

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