La LCE : le sport électronique étudiant

Parrainée par la Fédération Québécoise de Sport Électronique (FQSÉ), la Ligue Cyber Espoirs est la toute première ligue de sport électronique étudiant au Québec. Maryse Landreville, directrice de la LCE, s’est jointe à moi pour discuter des origines du projet, de sa première saison et du futur du jeu vidéo compétitif comme sport étudiant.

Inspirée directement du sport étudiant conventionnel, la LCE énonce son mandat comme suit : « En encourageant les jeunes à développer leurs talents et en soutenant les associations étudiantes, nous favoriserons le développement d’une nouvelle génération de cyber athlètes ayant les aptitudes et la volonté nécessaires pour se tailler une place de choix dans l’univers international du sport électronique.»

Plus concrètement, les objectifs à moyen terme pourraient se résumer ainsi : on vise, par l’établissement de la LCE et le développement d’associations étudiantes dédiées au sport électronique, à rejoindre des individus et les grouper en équipes, à faire interagir les jeunes dans un milieu scolaire supervisé, à augmenter leur sentiment d’appartenance à leur établissement scolaire et ultimement, on souhaite avoir un impact positif sur le décrochage.

Notons également qu’il n’y a pas de prix en argent à la LCE : à l’instar du sport étudiant conventionnel, les prix sont des trophées et des bannières à afficher dans l’école. C’est une différence majeure avec l’offre du sport électronique amateur, où même la plus petite récompense en argent trace habituellement la ligne entre tournoi récréatif et compétition sérieuse. La LCE a également son système de « karma » maison, destiné à promouvoir l’esprit sportif. Ce système, intimement lié au mandat de la ligue, affecte d’ailleurs les classements de fin de saison.

Je vous invite à écouter l’intégrale de mon entrevue avec Maryse Landreville, en tant que l’un des commentateurs de la ligue, réalisée en direct juste avant la diffusion de la grande finale de Rocket League, jeudi dernier :

Watch Temps fort : Entrevue prise 2 from lce_officiel on www.twitch.tv

 


Une première cohorte de champions

Pour sa première saison, la LCE a présenté trois disciplines : League of Legends, Overwatch et Rocket League. L’intention était de séparer les équipes en deux divisions (secondaire et collégial), mais ça n’a pas été possible avec Rocket League, faute d’avoir une quantité suffisante d’équipes. Après huit semaines de compétition, la LCE couronne les champions de sa première édition :

League of Legends / Secondaire: Zénith Noir de l’École Secondaire Saint-Marc

League of Legends / Collégial: Les Gaillards A du Cégep de Jonquière

Overwatch / Secondaire: Back in Black du Centre de Formation Professionel des Riverains

Overwatch / Collégial: Lynx du Cégep Édouard-Montpetit

Rocket League / Division Scolaire: Lynx du Cégep Édouard-Montpetit

Félicitations aux équipes gagnantes et à tous les participants !


LCE : Un constat positif, mais encore du chemin à faire

Les gens familiers avec la scène québécoise du sport électronique en général savent qu’il règne, si je peux me permettre, une certaine culture du bénévolat dans ce genre d’événement en ligne. « On est rendu à une étape, je crois, dans l’esport au Québec, où on peut se permettre, dans les gros projets, de rémunérer les gens » : Ce sont les mots de Maryse Landreville lorsque je mentionne que ses collaborateurs sont payés pour leur travail. Ça peut sembler complètement ridicule, mais c’est encore rare même pour des gens ayant beaucoup d’expérience sur la scène. Le fait d’avoir tenu à rémunérer les collaborateurs de la ligue dès la première saison est donc digne de mention. Même si, du même souffle, Maryse admet que le salaire octroyé n’est pas toujours à la hauteur du travail accompli, c’est une avenue dans laquelle j’espère voir d’autres événements s’engager.

Quelques déceptions, toutefois : pour avoir gravité dans l’entourage de la ligue depuis le lancement de la saison 1, je peux dire que la crédibilité du projet est encore mise à l’épreuve. Rapidement, les gens impliqués vont devoir se mettre à prendre l’exercice au sérieux : les étudiants et leurs parents, en passant par les établissements scolaires eux-mêmes. Soulignons, par exemple, que le match de 3e place de Rocket League n’a pas eu lieu car l’une des deux équipes ne s’est pas présentée. Il semble que les joueurs étaient « occupés ailleurs » et ne pouvaient pas jouer (malgré leur participation aux demi-finales de la veille). Ce dénouement n’aurait été accepté dans aucun autre sport étudiant conventionnel.

De plus, bien que l’idée d’un système de karma ayant un impact sur les résultats finaux vienne d’un bon fond et que celui-ci semble avoir été appliqué avec les meilleures intentions, la décision de ne pas rendre public un tel classement crée un élément de surprise inutile qui ne sert en rien l’objectif du système en tant que tel. À mon avis, cette information devrait être publique. Autrement, il ne devrait pas y avoir d’impact direct sur le classement des ligues. Si la LCE désire absolument garder le karma privé, pourquoi ne pas tout simplement offrir des bannières d’esprit sportif aux équipes ayant le plus de points de karma à la fin d’une saison et laisser la compétition dicter les classements?

En tant que commentateur, je souhaite également que l’exécutif de la ligue donne une plus grande importance à la qualité générale de leurs diffusions en ligne. Beaucoup de chemin a été fait entre la première et la dernière diffusion de la saison, effectivement, mais il m’apparaît maintenant clair que plusieurs membres du personnel de la ligue sous-estiment la valeur de ces diffusions qui sont, au final, la carte de visite de leur programme de compétition.

Pour conclure, malgré quelques accrochages, la LCE s’est bien tirée d’affaire grâce à son groupe de collaborateurs dédiés qui, je l’espère, continueront à gagner en expérience et deviendront les acteurs de la scène québécoise de demain.

Et maintenant, la saison 2

La saison 2 de la Ligue Cyber Espoirs débutera le 14 février 2019 – Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 janvier 2019. De nombreuses écoles ont déjà appliqué pour rejoindre la compétition, ce qui laisse présager une saison d’hiver des plus palpitantes! Il est aussi à noter que le populaire jeu Hearthstone se joindra aux trois jeux déjà offerts par la LCE.

Si vous êtes un étudiant de niveau secondaire ou collégial, ou encore si vous êtes un intervenant dans l’un de ces établissements et que vous êtes intéressés à en savoir plus, n’hésitez pas à prendre contact avec la LCE par courriel, à l’adresse suivante : info@esportsquebec.ca ou encore via le site web de la Fédération Québécoise de Sport Électronique : https://esportsquebec.ca/

Je souhaite tout le succès du monde à la LCE. J’ai beau me montrer critique de certaines des décisions de l’exécutif, il ne fait pas de doute que la cause est noble et que l’intérêt des jeunes est réel. La démarche m’interpelle particulièrement : ma propre fille, présentement en 4e année du primaire, pourrait théoriquement participer à la LCE d’ici 3 ans (une future championne de Rocket League, peut-être?). Je vais donc me faire un devoir de garder un œil sur l’évolution de cette ligue dans les prochains mois!

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