orodenkoff

La concentration esport en manque de nouvelles recrues

Malgré leur bon taux de rétention des inscrits de l’an passé, les nouveaux visages se font rares. Pour la deuxième année de son programme de concentration compétitive en sport électronique, l’Académie Esport n’a récolté que cinq nouvelles inscriptions. Qu’est-ce que cette concentration au juste?

Crédit photo à la une : iStock/orodenkoff

Une structure scolaire connue

L’Académie Esport de Montréal n’a pas réinventé la roue avec son programme de concentration compétitive en sport électronique. En fait, ce volet utilise les systèmes de concentration qui sont déjà implémentés dans les écoles depuis des années. Donc pour un élève, une concentration en esport sera similaire à une concentration en danse ou dans un autre sport.

Cela veut dire que ces jeunes ont leur cours condensé en matinée. Une fois la matière scolaire ingérée, ils peuvent procéder dans leur concentration pour l’après-midi. Dans le cas de la concentration compétitive en sport électronique de l’Académie, cela implique environ 45 minutes à une heure de théorie, 45 minutes à 90 minutes d’activité physique (en plus de leur éducation physique régulière) et le reste de la journée est dédié à la pratique supervisée, soit une heure 30 à deux heures.

À lire aussi: Michel Ancel annonce son départ d’Ubisoft et du jeu vidéo

L’esport pour former de jeunes travailleurs disciplinés et autonomes

Tout comme le sport-étude en hockey n’enverra pas tous ses élèves dans la LNH, ce n’est pas tous les joueurs de la concentration esport qui atteindront les ligues professionnelles. Donc, établir les bienfaits du programme, même si ce dernier ne mène pas nécessairement au statut de pro, est important. En discutant avec le responsable de la concentration, Maxime Pelletier, il a été noté que l’esport serait un outil fort utile pour apprendre une éthique de travail aux jeunes et de les rendre autonomes.

« Jouer mieux au lieu de jouer beaucoup »

Cette structure scolaire est loin de promouvoir le jeu en excès. Au contraire, les jeunes apprennent une éthique de travail et l’outil pour y parvenir est les jeux vidéo. C’est au travers de ce médium que l’Académie a choisi d’inculquer ces valeurs aux élèves. Devenir joueur de jeux vidéo professionnelle requiert bien plus que du temps de jeu. Il faut une pratique dédiée et se forcer à faire les aspects moins attrayants. En s’assurant d’établir la théorie, suivie d’une pratique dirigée, cela permet aux jeunes de comprendre les points positifs d’une telle approche au sein de n’importe quoi.

Qui plus est, le volet d’activité physique n’est pas négligé. Au contraire, les étudiants en concentration esport font plus d’activité physique que ceux au sein du programme régulier. Apprendre qu’une bonne hygiène de vie se traduit en de meilleures performances en jeux vidéo aura des impacts indirects sur les autres aspects de leur vie. En plus de l’apprentissage direct des points positifs de maintenir une bonne forme physique.

L’esport comme motivation scolaire

La concentration compétitive en sport électronique pourrait aussi être un outil pertinent pour lutter contre le décrochage scolaire ou simplement la motivation de performer à l’école. Un parent d’élève inscrit à ce programme aurait mentionné à un enseignant que c’est la première fois qu’il voyait son fils heureux d’aller à l’école.

D’autres parents peuvent utiliser ce privilège comme motivation de garder de bonnes notes pour continuer au sein de cette concentration. De plus, une école participante à cette structure, le Centre professionnel et technique Minto, a indiqué que cette concentration est celle arborant le taux d’absentéisme en classe le plus bas.

Académie esport

Donc, pourquoi si peu d’inscriptions?

Évidemment, la COVID-19 a mis des bâtons dans les roues de plusieurs organisations. L’Académie esport de Montréal n’en a pas échappé. De plus, lorsque le revenu des parents est instable, ce n’est pas le meilleur moment pour s’inscrire à des programmes supplémentaires. Le recrutement en personne et les événements annulés n’ont pas aidé.

Puis, contrairement à l’an dernier, la couverture médiatique a diminué cette année. Puisque le programme n’est plus nouveau, il y eut moins de placotages autour de celui-ci. Finalement, le recrutement de cette année, ce qui veut dire celui fait l’an dernier, a été affecté par la construction du programme. En septembre 2019, l’équipe de l’Académie a mis tous ces efforts pour terminer le programme et n’a donc pu se concentrer sur le recrutement de nouveau inscrit.

Commentez cet article