IEM Katowice : Astralis et soO au firmament

La fin de semaine passée était un immense rendez-vous pour les amateurs de sports électroniques, avec les IEM Katowice en Pologne. Astralis a remporté son troisième Major sur CSGO, soO son premier tournoi majeur, tandis que l’équipe féminine Dignitas mais aussi le Québécois Williams « Zayt » Aubin s’y sont également illustrés. Retour sur un événement fort en émotions.

Crédit bannière : ESL | Adela Sznajder

Astralis entre au panthéon de Counter-Strike

Ils étaient les grands favoris de la compétition, l’équipe à abattre de ce tournoi. Et les Danois d’Astralis ont répondu présent à Katowice, comme à chaque fois ou presque depuis un an. Avec ce troisième Major remporté, dont deux de rang, et 11 trophées soulevés depuis l’intégration de Emil “Magisk” Reif en février dernier, Astralis entre dans la légende de Counter-Strike. Leur domination surpasse sur de nombreux aspects celle imposée par Fnatic trois ans plus tôt, qu’on pensait ne plus jamais revoir tant la scène de CSGO est devenue compétitive. Mais le jeu inventif d’Astralis, révolutionnant l’usage des utilitaires, renouvelant sans cesse ses stratégies, et à la maîtrise grandissante des cartes, n’a encore trouvé aucun égal. Astralis n’a pas concédé une seule carte durant tout ce Major, tout comme ils avaient su rester invaincus durant les phases finales à Londres. Ceux autrefois réputés comme craquant toujours en finale sont devenus les maîtres incontestés de la scène CSGO.

ENCE, trouble-fêtes de la compétition

Mais si les favoris ont remporté la victoire, ce Major n’aura pas manqué de surprises, principalement à travers l’incroyable épopée des Finlandais de ENCE. La jeune formation menée par un Aleksi “allu” Jalli expérimenté a su déjouer tous les pronostics, d’autant plus que la nouvelle formule de ce Major ne laissait que peu de place au hasard ou à la chance. En effet, ce Major innovait avec un système de classement évalué au préalable par les joueurs eux-mêmes précédent les rondes suisses. Chaque équipe se voyait attribuer ainsi un score évoluant sur le principe du ELO au cours des rondes. Et non seulement ENCE s’est ainsi qualifié « à la régulière » pour le New Champion Stage, mais ils durent affronter Team Liquid, puis Natus Vincere, respectivement placés deuxième et troisième au classement HTLV.org. Une performance majuscule, qui n’aura malheureusement pour les Finlandais pas été suffisante pour contrer Astralis. La finale ne restera pas particulièrement dans les mémoires : malgré une âpre lutte sur Train (16-11), ENCE s’est fait complètement étouffer en seconde manche sur Inferno, ne prenant que quatre petits points.
Ce Major restera dans les mémoires non seulement de par l’incroyable précédent créé par Astralis, mais aussi le courage et l’émotion de Peter “dupreeh” Rasmussen, ayant perdu son père durant la compétition. De façon troublante, c’est aussi le Suédois Robin “flusha » Rönnquist, joueur de Cloud9 qui a annoncé avoir perdu sa mère trois jours plus tard. Coup de chapeau et immense respect quant à l’abnégation et au courage de ces joueurs de talent.

WCS Winter : soO, la lumière au bout du tunnel

De l’émotion, la scène StarCraft II en aura également vécu avec la victoire du Sud-Coréen Eo « soO » Yoon Soo. Le joueur Zerg s’est tracé une carrière unique sur StarCraft II bien malgré lui. soO est un immense champion, mais surtout réputé pour son incroyable manque de réussite sur la dernière marche : avec neuf finales perdues en compétition majeure dont six GSL, pour seulement une KeSPA Cup remportée en 2015, soO était marqué au fer rouge comme l’ultime perdant de l’histoire de StarCraft II. Un “Kong”, selon la terminologie consacrée.

Jusqu’au 3 mars dernier en tout cas. Alors que plus personne ne l’attendait, après une saison 2018 complètement effacée avec un seul top 4 en GSL, soO est sorti de l’ombre à Katowice pour prendre sa revanche. Sur Stats, qui lui avait pris cette GSL des mains en 2017, mais surtout sur le destin.
Et que cette compétition était pourtant mal partie pour soO. S’extirpant in extremis d’un groupe pourtant facile après une égalité à quatre et une fiche de 2-3, une seule une petite carte de moins concédée l’envoie dans l’arbre final. Si son balayage sur Zest 3-0 était un premier avertissement, c’est surtout sa victoire sur le champion du monde en titre Serral qui a rappelé à tous son ancienne gloire passée. Comme un premier coup de tonnerre à Katowice, soO a donc mis fin à l’incroyable série de victoires du Finlandais, qui est resté invaincu pendant un an avec 44 séries remportées de rang.
En finale, soO peine d’abord à imposer son style, et concède les deux premières manches. On croit revoir cet énième scénario se répéter, et ses anciens démons ressurgir dans ce Bo7. Mais soO ne lâche rien et enchaîne les quatre cartes suivantes, noyant Stats sous ses assauts incessants.
L’entrevue d’après-match restera dans les mémoires des amateurs du jeu de stratégie, des larmes contenues du Sud-Coréen à sa voix brisée, tout comme celle de Smix.

soO lève enfin un trophée majeur à Katowice

Les Québécois brillent aussi

Les représentants du Canada n’ont pas particulièrement brillé dans ces deux compétitions, entre Sasha “Scarlett” Hostyn terminant dernière de son groupe sur SC2, tandis que Keith « NAF » Markovic et Russel « Twistzz » Van Dulken se sont fait surprendre en quart de finale face à ENCE. Cependant, deux belles performances sont à souligner. Du côté de l’Intel Challenge Katowice, le tournoi féminin de CSGO, la Québécoise Catherine « CAth » Leroux s’est imposée avec Dignitas, en finale face à CLG Red. L’équipe nord-américaine confirme sa domination de la scène féminine, se succédant à elle-même dans cette compétition.
Enfin, rappelons la belle victoire de Williams « Zayt » Aubin dans l’ESL Katowice Royale sur Fortnite, s’imposant avec l’Étasunien Rocco « Saf » Morales.

Écoutez sur Twitch si la vidéo ne joue pas.

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