Hyrule Warriors Definitive Edition: étrange familiarité

Hyrule Warriors est le fruit d’une collaboration entre Nintendo, qui prête sa franchise The Legend of Zelda, et Koei Tecmo, l’éditeur de la série Dynasty Warriors, qui adapte la légende hyrulienne à la sauce “warriors”.

D’abord paru sur Wii U, puis sur 3DS sous le titre Hyrule Warriors Legends, il arrive maintenant sur Nintendo Switch avec tout le contenu des versions précédentes ainsi que le contenu qui était payant et téléchargeable (DLC). Du nouveau: des tenus provenant de The Legend of Zelda: Breath of the Wild pour Link et Zelda.

Si vous êtes un amateur de la série Zelda, il faut être conscient que Hyrule Warriors est un jeu très différent. Reprenant l’action hack and slash de Dynasty Warriors, on se retrouve sur des grandes cartes où doit combattre des centaines, voir des milliers d’ennemis. La grande majorité des ennemis sont très faibles et vont mourir très rapidement, mais on y retrouve aussi des ennemis plus forts qui demandent davantage de stratégie. La plupart du temps, on fonce dans le tas avec des attaques faibles et fortes qu’on combine pour exécuter des combos qui peuvent abattre des dizaines d’ennemis à la fois. On dispose également d’attaques spéciales et magiques quand les jauges respectives sont remplies. Il est très satisfaisant d’exécuter des combos et abattre des tonnes et des tonnes d’ennemis en un rien de temps. L’action peut devenir redondante, mais si vous êtes habiles, vous pouvez diversifier vos combos.

Le mot d’ordre, c’est l’excès. Excès d’ennemis, excès d’objectifs, excès dans les attaques aux combos qui n’en finissent plus, excès d’information visuelle et sonore lancée au joueur. La courbe d’apprentissage est en pente raide; on ne va pas mourir souvent, mais on va souvent perdre à cause d’un objectif raté parce qu’on n’a pas su lire la situation ou comprendre l’urgence d’un appel à l’aide. Pour gagner un scénario, il ne suffit pas d’attaquer tous les ennemis qu’on voit. Il faut prendre le contrôle de forts qui vont générer des soldats dans notre armée et empêcher l’ennemi d’en générer davantage. L’ennemi peut cependant reprendre un fort qu’on a capturé. On est appelé à faire du vas et viens dans la carte pour réussir divers objectifs tout en empêchant l’ennemi d’atteindre des conditions qui nous font perdre automatiquement, telles que la perte d’un allié important ou la prise de notre fort principal. C’est le gros bémol du jeu: bien qu’on soit bombardé d’indices visuels et sonores à propos des objectifs, il n’est pas toujours clair ce qui est prioritaire et on se retrouve souvent à voir l’écran “Défaite” alors qu’on croyait être en bonne posture, ce qui peut être frustrant.

La jouabilité est à mi-chemin entre un hack and slash et un jeu de stratégie en temps réel. Bien qu’on ne puisse pas contrôler notre armée, on peut facilement prendre le contrôle de nos autres héros présents dans le scénario ou leur donner des ordres, mais ne vous fiez pas trop à l’efficacité de l’intelligence artificielle. L’adage “On est toujours mieux servie que par soi-même” est de mise dans Hyrule Warriors, sauf si on joue avec un/e ami/e en mode co-op en écran divisé.

Un élément qui est sans doute attirant pour les fans de la franchise de Nintendo, c’est la quantité de personnages jouables et le fait qu’on peut finalement prendre contrôle de Zelda, Impa, Sheik et même Ganondorf, entre autres (plus d’une vingtaine de personnages jouables). La version Legends sur 3DS a même ajouté à la légende une version féminine de Link, nommée Linkle, qui combat avec des arbalètes. Pas de demoiselles en détresse; Zelda et tous les personnages féminins sont aussi impitoyables sur le champ de bataille que Link.

Surprenamment, l’histoire se tient et bien qu’on introduit des personnages originaux, on sent un respect et amour pour l’univers établi par Nintendo. Une sorcière nommée Cya, qui a la capacité de voir à travers le temps et l’espace tombe en amour avec l’esprit de Link, le héros de légende constamment ressuscité, mais hélas son destin est déjà liée à une autre: Zelda. Ganon, cherchant un moyen de se faire ressusciter, profite de la tristesse et jalousie de Cya pour la corrompre et la manipuler à récupérer les fragments de son âme. Pour cela, Cya ouvre des portails à travers le temps et l’espace nous amenant ainsi à combattre dans des environnements familiers liés à d’autres jeux classiques de la franchise, tels que Ocarina of Time, Twilight Princess et Skyward Sword.

Le jeu comprend un mode histoire, le “Mode légende”, un mode libre où on peut rejouer les scénarios réussis dans le mode légende avec n’importe quels personnages, un mode aventure où on progresse sur une carte inspirée de The Legend of Zelda au NES en complétant des scénarios courts et un mode défis pour les mordus de battre leurs propres scores. On peut également débarrer un mode “Jardin des fées” qui nous permet de customiser nos fées personnelles et en prendre soin. Entre les niveaux du mode histoire, on peut aller au “marché” pour acheter des bonus d’attaques et défenses pour nos personnages ainsi qu’améliorer et vendre des armes trouvées sur le champ de bataille. Il est amusant de pouvoir choisir différentes armes pour nos personnages; par exemple, Link ne doit pas absolument combattre avec une épée.

Hyrule Warriors Definitive edition est une drôle de bête, avec tout l’enrobage et le charme familier de la fameuse franchise, mais avec la jouabilité beaucoup plus niche de Dynasty Warriors. Si vous croyez vous y retrouver, vous en aurez pour votre argent: il y a beaucoup de contenu avec les différents modes combinés. Personnellement, j’ai du plaisir à y jouer et à découvrir l’histoire, qui contient de nombreuses cinématiques bien réalisées, mais je ne pense pas y revenir après avoir complété le mode Légende.

Verdict
Bon
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