Histoire du piratage de la Dreamcast aux PS2 et Xbox – 1ère partie

Plus puissante que la PlayStation, la Dreamcast a vu l’arrivée des premiers émulateurs sur console, et la Gamecube y a naturellement eu droit aussi.

1999, mis à mal financièrement  par la Saturn et les fautes commises en fin de vie de la Genesys avec le 32X et le Mega CD, Sega sort la console de la dernière chance : la Dreamcast. Si le succès n’a pas été au rendez-vous comme l’espérait Sega, la Dreamcast aura marqué tous ceux qui l’ont possédé. Le gain en puissance par rapport à la PlayStation est immense, et avec une PlayStation 2 qui ne sortira pas avant fin 2000 et des jeux qui ne seront pas intéressants avant 2001, la Dreamcast est une console à part qui va combler ses joueurs. En plus d’offrir des jeux de grande qualité comme SoulCalibur ou les très cultes Shenmue et Shenmue II elle voit arriver nombre de titres issus de l’arcade, secteur où Sega est très présent. Il faut dire que son hardware similaire aux bornes d’arcade Naomi permet des conversions rapides et fidèles.

Histoire du piratage de la Dreamcast aux PS2 et Xbox – 1e partie

Côté protections, la Dreamcast possède un système similaire à celui du boot de la PlayStation, le constructeur misant surtout sur le format de disque inédit qui sera utilisé uniquement par sa console : Le GD Rom. À une époque où le format DVD est réservé aux plus nantis, Sega ne peut pas se permettre d’inclure une technologie qui aurait ajouté plusieurs centaines de dollars au prix de sa console. Le format GD Rom apparait donc comme LA solution. Avec son 1GO de stockage, c’est 30% de plus que ce qu’un CD rom peut contenir. De plus, le lecteur CD ne lit pas les disques de jeux à partir du centre, mais du bord du disque vers le centre. Et comme il est incapable de lire les futurs DVD d’éventuels jeux gravés, Sega pense avoir ainsi trouvé l’arme ultime avec ce format propriétaire.

 

Histoire du piratage de la Dreamcast aux PS2 et Xbox – 1e partie

 

Quand un jeu devient un CD audio

Peine perdue, il ne faudra que quelques mois aux hackers pour trouver comment contourner ces protections, et la faille sera trouvée au niveau du lecteur CD. Pour contourner le boot de la console, la méthode consiste à faire passer le jeu piraté pour un CD audio. Arrivera alors un disque de boot, qui sera inclus sur les jeux piratés, n’obligeant plus  à changer disque pour lire les jeux gravés.

Cependant, il y a un problème et de taille. Pour passer de 1GO à 700mo, impossible de compresser les informations, la seule solution est donc de passer le son stéréo en mono. Grâce à baisse de qualité, le piratage des jeux existe, mais il ne connait pas l’ampleur qui déferlera sur la PlsyaStation et la Xbox. Et c’est sans compter les bogues qui surviennent dans plusieurs jeux! Par contre, la puissance de la Dreamcast et son environnement facile à programmer sous Windows  CE permettent de voir l’arrivée d’émulateurs et autres homebrews jusqu’ici réservés au monde du PC. Si les émulateurs Nintendo ont la côte, la Dreamcast est un paradis pour les jeux indépendants ne bénéficiant d’aucune licence et développés par des passionnés.

Histoire du piratage de la Dreamcast aux PS2 et Xbox – 1e partie

Finalement, l’annonce de la PlayStation 2 avec son lecteur DVD et les promesses de son Emotion Engine auront eu raison de la Dreamcast. En tout cas, ceux qui l’ont connue ont pu jouer à pléthore de grands titres alors que la PS2 en manquait cruellement et servait principalement de lecteur DVD à ses débuts.

La GameCube, peu de hack, mais de qualité

Avec moins de 22 millions de consoles écoulées, la GameCube pourtant très désirable à ses débuts fin 2001 et forte de titres tels Resident Evil 4 ou encore Viewtifull Joe n’a convaincu que les Nintendo fans. Moins puissante que la PS2 sur le papier alors que le rendu final était souvent plus convaincant, elle a également été victime de la politique entre deux chaises de Nintendo concernant les jeux violents. Ainsi, des jeux comme Devil May Cry ont catégoriquement été refusés par Nintendo, faisant finalement les beaux jours de la PlayStation 2.

À l’image de la Dreamcast, les jeux GameCube utilisent un format particulier, un mini DVD d’une capacité de 1,5GO. Nintendo ne s’est toutefois pas arrêté là. Chaque DVD possède un code-barre gravé dans le boot et unique à chaque jeu. Pour le lire, une simple diode laser de lecteur DVD ne suffit pas, il faut un laser bien plus puissant et dont est équipée la GameCube.

Histoire du piratage de la Dreamcast aux PS2 et Xbox – 1e partie

Un hack venant d’une compagnie

Le premier hack viendra d’une faille au niveau du modem disponible en option, provocant d’ailleurs pour la petite anecdote une rupture de stock de cet accessoire vendu alors au Japon et disponible uniquement en import. Difficile à mettre en place, elle demande la présence d’une seconde carte Ethernet dans son PC et quelques bidouilles qui ne sont pas à la portée de tous.

Le véritable hack ouvert à tous viendra de Datel, une société anglaise derrière les cartouches Action Replay. La société qui édite la célèbre cartouche vend également un disque de boot. Or, les informations gravées dans le boot, une fois qu’elles sont lues restent en mémoire, permettant alors d’injecter n’importe quel code, et donc des jeux qui seront stockés sur des cartes SD venant s’enficher dans des cartes mémoires servant d’adaptateur.

Histoire du piratage de la Dreamcast aux PS2 et Xbox – 1e partie

La faible diffusion de la console limitera les hacks mais ceux-ci seront de grande qualité, à l’image du hack tutoriel de Smash Bros. De plus, la GameCube ayant une architecture de Power PC, elle permettra l’installation de Linux, ouvrant ainsi la programmation de homebrew.

La GameCube a bien sûr vu son lot d’émulateurs Super Nes, mais finalement le piratage y a été plus marginal qu’autre chose. Console de passionnés, elle a surtout eu face à elle la PlayStation 2 dont le hack a donné bien du fil à retordre, sans parler de la Xbox. Cette dernière va permettre des choses jamais vues jusqu’alors, faisant d’elle une console de référence pour le hack.

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