Google Stadia : les utilisateurs sont mécontents

Google Stadia : les utilisateurs sont mécontents

Et ils réclament des compensations!

Sur Reddit, un membre du groupe Stadia qui compte 56 600 abonnés a posté un sondage ayant reçu 92% d’approbation de la communauté. Celui-ci pointe de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les premiers utilisateurs de Stadia, à commencer par l’absence des 120 jeux censés arriver et dont seulement quelques-uns ont été révélés. L’obligation d’utiliser le Pixel pour jouer sur son cellulaire fait également partie des griefs. Pour rappel, Microsoft permet d’utiliser de nombreux cellulaires sous Android avec son service xCloud, alors cette limitation de la part du créateur d’Android est plutôt malvenue. L’auteur reproche également l’absence d’annonce au sujet du support d’iOS, du partage de Stadia avec sa famille, ainsi que la communication défaillante auprès des utilisateurs qui est devenue deux communiqués par mois.

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Crédit image : Google

Dans les commentaires, outre la demande de l’arrivée de nouvelles fonctionnalités promises, le prolongement de la période d’abonnement de trois mois pour les possesseurs de la Founder’s Edition arrivent en tête des réclamations. Leur abonnement va bientôt devoir être renouvelé, mais ils n’ont aucunement profité des fonctionnalités absentes alors qu’ils sont les premiers à avoir soutenu Stadia.

En recueillant près de 1200 commentaires, la gestionnaire de communauté de Google a répondu que les arguments étaient complètement valides, que Google les avait lus et que l’équipe de Stadia en était informée. D’autre part, Google vient d’annoncer deux nouveaux jeux pour février, Metro Exodus et Gylt.


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Au-delà de ces griefs, c’est la façon dont est organisée Google qui serait à pointer du doigt. Tout est centralisé et décidé depuis ses quartiers en Californie. Alors oui, Google pèse dans plusieurs domaines comme dans la publicité, la recherche sur Internet, l’IA ou encore Android, et cela doit assurément lui donner du prestige dans les salons californiens; la société est même plus puissante que plusieurs états, mais cela ne lui a pas pour autant donné de légitimité dans le monde des jeux vidéo, et c’est peut-être cela qui lui revient dans la figure. Aucun joueur n’attendait Google comme le messie. Les PC et consoles font déjà une merveilleuse job, et voir arriver Google a surtout déclenché de la curiosité.

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Crédit image : Google

Et puis, prenons le cas d’un joueur sur PlayStation, allait-il sérieusement renoncer à toutes ses exclusivités et sauvegardes et ignorer PlayStation Now, pour se précipiter sur Stadia et ses 40 jeux? Google semble avoir pensé que oui, comme il a pensé au dernier moment son investissement dans les studios et nommé Jade Raymond à sa tête. Même avec son talent et la meilleure volonté au monde, elle doit composer avec un temps de développement qui est en moyenne de 4 ans pour un jeu AAA. Google pourrait acheter des exclusivités, mais cela coûterait bien trop cher. Contrairement à Epic Games qui se paie des exclusivités temporaires à coup de dizaines de millions de dollars par titre, avoir une exclusivité totale, c’est autre chose. Il faut payer pour toutes les versions non vendues sur console et PC, ou racheter le studio. Google n’a donc d’autre choix que d’acheter pour l’instant des studios qui vont porter dans un premier temps leurs jeux actuels, puis développer uniquement pour Stadia.

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Le véritable problème de Google est d’avoir pensé Stadia d’un point de vue technologique, sans connaître réellement le monde des jeux vidéo. Toute la partie contenu et fonctionnalités semble avoir été décidée à la dernière minute, en témoigne l’embauche de Jade Raymond, qui aurait dû être faite il y a deux ou trois ans afin d’arriver avec quelque chose de solide face à Sony, Microsoft, Nintendo et autres Steam. Pour rappel, Microsoft est arrivé avec Halo, et la branche Xbox a commencé à être rentable lors du lancement de Halo 3 en 2007 sur un marché déjà très concurrentiel, mais qui l’était bien moins que maintenant.

Tout n’est peut-être pas perdu pour Stadia, mais son avance sur le marché s’étiole dangereusement car la concurrence arrive à grand pas, et elle ne se gênera pas pour proposer toutes les fonctionnalités qu’attendent les joueurs, rendant la comparaison avec Stadia d’autant plus cruelle. En tout cas, tel Microsoft, Google s’est engagé dans de la non rentabilité à long terme sur ce service. Cependant Microsoft, même s’il a commis plusieurs erreurs, avait un plan dès le début sur trois générations de consoles et a apporté plusieurs avancées comme populariser le jeu en ligne sur console grâce au Xbox Live. En attendant, Google va devoir se plier en quatre afin de garder les premiers qui ont cru en elle, investir quelques milliards et cesser de croire que les joueurs attendent après Google, parce que pour l’instant, ils attendent plutôt la prochaine génération de consoles.

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