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Gamescom : Le savoir-faire québécois a brillé en Allemagne – entrevue avec Investissement Québec

Cet été avait lieu le Gamescom en Allemagne, le plus important événement de l’industrie vidéoludique se déroulant en Europe, qui attire des développeurs et éditeurs à travers le monde. Le Québec n’étant pas en reste, avec une importante délégation de studios, et ce avec l’appui de Québec EPIX, Investissement Québec et La Guilde du jeu vidéo du Québec.

Photos gracieuseté de Investissement Québec

Généralement, on connait bien les principaux acteurs de l’industrie vidéoludique québécoise, les développeurs et éditeurs, mais on connait moins bien les autres organismes qui les appuient au Québec. Le Québec est une plaque tournante de cette industrie mondiale, dont les jeux vidéo sont vendus à travers le monde. Comme de fait, une importante délégation de studios indépendants s’est donc rendue à Cologne en Allemagne pour l’événement Gamescom, qui est un peu l’équivalent du E3 pour l’Europe.

Pour en savoir plus sur comment ces studios ont été appuyés dans cette démarche, je me suis notamment entretenu avec Josiane Côté-Paquet, directrice de Québec Epix et Marie-Ève Jean et Justine Palewec, respectivement vice-présidente Exportations et conseillère spécialisée Affaires Internationales chez Investissement Québec International.

Mais avant, quelque chiffres en bref pour le Québec au Gamescom :

  • 23 studios et entreprises québécoises présents
  • 6 conférenciers québécois à Devcom (événement pré-gamescom)
  • 255 rencontres d’affaires avec des éditeurs et partenaires internationaux

Québec EPIX, le créneau en technocréativité de la région de Québec était partenaire à la délégation organisée par IQI pour représenter une dizaine de studios de la région de Québec. Bon nombre d’entre eux étaient présents pour rencontrer de potentiels éditeurs et clients, mais également pour présenter leur projet au grand public (350 000 pers et +). De jeunes studios prometteurs de Québec et certains plus établis étaient présents aux côtés des plus grands noms de l’industrie du jeu vidéo pour présenter leur jeu FIKA (Ship of Fools), RageCure Games (Goons Legends&Mayhem), Parabole (KONA II : BRUME), BKOM (Sunday Gold). Cela démontre bien l’effervescence qui existe au Québec tant à Montréal, que dans les autres hubs comme Québec.

– Josiane Côté-Paquet, directrice de Québec Epix

Entrevue avec Investissement Québec

Mario : Pour commencer assez large, je me dis peut-être que le lecteur moyen de RDS Jeux vidéo n’a aucune idée c’est qui Investissement Québec. C’est quoi Investissement Québec ? C’est quoi son rôle ? Sa mission ?

Marie-Ève : Oui, tout à fait avec plaisir. Investissement Québec, c’est une grande société d’État, plus de 1 000 employés aujourd’hui, qui avait un métier traditionnel de financement et qui fait toutes sortes de produits de financement et d’accompagnement. Mais, c’est depuis un peu plus de deux ans maintenant que le volet Exportations a joint Investissement Québec pour faire Investissement Québec International. Donc, avant Investissement Québec International, c’était seulement l’attraction d’investissements directs étrangers dans des sociétés étrangères pour les encourager à venir s’établir au Québec. Puis, l’équipe Exportations était à ce moment-là au sein du ministère de l’Économie. Maintenant, on a joint Investissement Québec.

Nous, notre mandat, donc, on parle d’une équipe basée au Québec et à l’étranger. Notre mandat au quotidien, c’est d’aider les entreprises québécoises à développer leur marché hors Québec. Au Québec, les entreprises, elles sont déjà en mode international exportation. Donc, on travaille pour une clientèle d’exportateurs déjà aguerrie, déjà expérimentée. Notre objectif sera d’accélérer leur croissance sur des marchés, diversifier leurs marchés aussi, avec toutes sortes de services et d’activités.

https://twitter.com/tripleboris/status/1564617686906175503

Mario : Plus spécifiquement, maintenant, par rapport à l’industrie du jeu vidéo, est-ce que Investissement Québec est très présent dans cette industrie-là au Québec ?

Marie-Ève : Oui. Nous, on a des secteurs clés qu’on veut soutenir à l’exportation en Québec. Les jeux vidéo, toutes les industries créatives sont nos secteurs clés effectivement, nos secteurs prioritaires. On a beaucoup d’activités, beaucoup de clients qui viennent à nous dans cette industrie. Par exemple, là, on parlera de Gamescom dans quelques instants. Gamescom, c’est un événement qu’on fait lorsque les frontières sont ouvertes, évidemment. Ça faisait deux ans qu’on n’avait pas pu faire la conférence. Gamescom, c’est un événement phare en Europe. On fait aussi le GDC, Game Developers Conference à San Francisco. Lorsqu’on peut, on fait aussi des événements en Asie. Un autre exemple ici, on accueillera bientôt à Montréal au mois de novembre, dans le cadre de MEGAMIGS, qui est le salon québécois des jeux vidéo. Dans le cas de MEGAMIGS, on fait par exemple un accueil de 25 acheteurs, éditeurs internationaux qu’on invite au Québec pour venir à MEGAMIGS rencontrer nos entreprises québécoises.

Mario : OK, c’est super intéressant. Plus spécifiquement, par rapport au Gamescom de cette année, je sais qu’il y a aussi La Guilde du jeu vidéo qui est impliquée et Québec Epix. C’est quoi le rôle d’Investissement Québec en relation avec ces autres organismes-là ?

Marie-Ève :  Effectivement, il y a tous les partenaires de l’écosystème. D’ailleurs, Gamescom, c’est une opération de collaboration. En général, on est l’élément catalyseur, si je peux dire, de tout ça. Par exemple, le kiosque était sous gestion d’Investissement Québec. C’est toujours notre souhait de fédérer toutes les voix, les intervenants, donc, on travaille en étroite collaboration avec eux. Nous, effectivement dans le cas de Gamescom, on a rassemblé tout le monde sous le toit Québec avec un kiosque. Puis, ce qui est vraiment aussi le travail qu’on fait de fond et qui a, je pense, beaucoup de valeur ajoutée, c’est de vraiment faire ces rendez-vous d’affaires-là.

À Gamescom, on a fait plus de 250 rendez-vous d’affaires individuels pour les entreprises québécoises qui étaient présentes ; avec justement, en fonction de leur modèle de développement d’affaires, à qui ils doivent parler, c’est quoi la priorité en termes de développement de marché, tout ça. On fait ça en collaboration avec les équipes aussi dans le réseau du Québec à l’étranger, donc, coordonner, piloter tout l’événement à partir de Montréal. Mais ces rendez-vous-là, avec des éditeurs allemands, des éditeurs belges, des contacts et tout ça, c’est fait avec le réseau des attachés commerciaux qui sont sur le terrain ici. Gamescom, c’est un événement qui rayonne partout en Europe.

Mario : Là, on sort d’une pandémie et on recommence à avoir des événements physiques comme ça. Est-ce que vous avez senti que… Est-ce que ça repart ? Ça repart lentement ou au contraire, les gens avaient hâte ?

Marie-Ève : Les gens avaient hâte! Je peux dire que c’est vrai non seulement pour l’industrie des jeux vidéo, mais on le sent dans tous les secteurs. Les opérations qu’on avait l’habitude de faire, là, on a des tailles de délégations presque record dans d’autres secteurs parce que maintenant, comme vous le dites, c’est l’idéal. Je pense que pendant deux ans, deux ans et demi, on a réussi à maintenir un certain niveau de développement, à faire avec les outils virtuels et tout ça ; mais ce que je ressens aujourd’hui, c’est que les entreprises sont très contentes de reprendre la route et solidifier les relations en personne. À la fin de la journée, il y a rien qui remplace quand même une bonne rencontre en personne.

Justine : Exactement. Les gens étaient fébriles. Il y avait beaucoup d’excitation de se voir, puis pour certains de se revoir, pour d’autres de rencontrer finalement des gens en personne.

Mario : OK, tant mieux. Quand on parle d’investissement, on parle de possibles retombées. Comment est-ce que Investissement Québec calcule l’intérêt d’un événement comme la Gamescom ?

Marie-Ève : Au plan stratégique et au rapport annuel d’Investissement Québec, nous, on mesure nos actions, les retombées de nos actions par les ventes fermes générées par notre accompagnement. Ça veut dire que quand on travaille avec une entreprise, on fait les conseils, on s’assure que la stratégie est bonne et tout ça, on donne des informations de marché et des listes de clients potentiels qu’on épluche ensemble. On va jusqu’à la mise en relation. À la fin du processus, à un moment donné, le client, on lui dit : « On a travaillé ensemble par exemple en Europe. Je t’ai présenté plusieurs éditeurs et tout ça, qu’est-ce que ça a donné ? Est-ce que ça t’a permis de générer des ventes et tout ça ? » Donc, c’est ce qu’on mesure. Nous, on mesure les ventes.

Quand on travaille avec une entreprise, on revient vers elle. Évidemment, ce n’est jamais instantané. Mais les discussions se poursuivent dans le temps. On fait toujours un retour pour voir qu’est-ce que ça génère comme retombées. L’année dernière, pas seulement dans le secteur du jeu vidéo, mais les retombées des opérations d’Investissement Québec International Exportations, c’était 1,8 milliard de ventes, des entreprises soutenues. C’est comme ça qu’on mesure nos retombées.

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Mario : C’est peut-être un peu tôt, mais est-ce que vous avez déjà un post-mortem de Gamescom 2022, des grandes lignes, des choses que vous avez retenues ?

Marie-Ève : Effectivement pour nous, je pense que c’était un beau succès. Exactement comme on s’est dit, on a vu tout le monde content de se revoir et tout ça. On avait 23 studios et entreprises québécois qui ont été accompagnés par nous, donc c’était quand même une belle délégation ; des conférenciers à Devcon aussi. On a réussi à travailler avec La Fabrique des Monstres pour une place à titre de conférencier sur Devcom, notamment.

Justine : Exactement, La Fabrique des Montres, une entreprise qui s’est inscrite à la mission. Et quand on a regardé avec eux la prise de besoins, on a vu clairement qu’ils faisaient quelque chose d’exceptionnel, qui ne devait pas être montré sur l’écran, juste en parler verbalement ; mais il fallait vraiment qu’ils fassent une conférence pour le démontrer. Il fait des voix, des monstres et des zombies. C’est des chanteurs heavy métal lui-même. Ça été salle comble à Devcom! Donc, à la conférence pré-Gamescom, les gens ont vu tout le talent qu’on avait au Québec. Ils sont capables de faire même un langage de monstre, de développer des langages de monstres. C’est assez impressionnant.

C’est nous qui avons suggéré à Devcom de les avoir comme conférenciers. Quand on a organisé la rencontre en visio, les organisateurs nous ont dit : « C’est incroyable, on les met sur le main stage. On veut que tout le monde voit ça! » Donc, il y aura des belles retombées aussi pour cette entreprise, entre autres.

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