G2 Esports étend son empire sur Rainbow Six

Au terme d’une finale contrastée, les champions du monde ont défendu avec brio leur titre dimanche dernier, face à la formation russe Empire. G2 Esports repart avec un sledgehammer flambant neuf, 800 000$ et surtout, un statut de légende de Rainbow Six: Siege.

Des quarts de finale à rebondissements

Si G2 étaient les grands favoris du tournoi, les phases finales de ce troisième Six Invitational avaient pourtant démarré sur de nombreuses surprises. La nouvelle coqueluche de la scène, l’exubérant coach et propriétaire de Nora-Rengo Yasuhiro “kizoku” Nishi, a su mener ses joueurs jusqu’en demi-finale. Les Australiens de Fnatic n’ont rien pu faire face à la fougue et la décontraction surprenante des Japonais, qui signent une performance de taille et surtout haute en symbole pour le sport électronique japonais.

L’inexorable ascension des Russes de Team Empire, qui évoluaient encore en ligue Challenger durant la saison 8, aura fait des dégâts. Ce sont les vainqueurs de la septième saison de Pro League Team Liquid, et surtout les derniers espoirs brésiliens qui en firent les frais en quart de finale. Empire n’aura ensuite eu aucun mal à se défaire de Nora-Rengo, qui auront au moins accroché la première carte avant de se faire dépasser par un Dmitry “Scyther” Semenov des grands jours.

Les Japonais de Nora-Rengo auront été une des sensations de la fin de semaine

L’autre côté de l’arbre, où l’on retrouvait trois équipes nord-américaines, a tout d’abord vu G2 trembler face à Spacestation Gaming. Les Étasuniens passèrent proche d’un exploit retentissant contre les favoris de la compétition, prenant la première carte en prolongation avant de concéder les deux manches suivantes. Les mots de Fabian « Fabian » Hallsten dans l’entrevue d’après-match en disaient long sur la rencontre : “je ne pense pas que mon coeur ait jamais battu si fort durant un match”. G2 s’est fait peur, très peur sur ce quart de finale. Leur niveau était la grande inconnue avant ce Six Invitational, remis en question par des résultats en Pro League bien loins de leur domination devenue habituelle. Mais ce quart de finale fut la dernière fois que l’on vit G2 inquiétés.

Le dernier match du vendredi opposait les deux espoirs canadiens, Evil Geniuses et Team Reciprocity. Et alors qu’on s’attendait à la victoire d’EG pour une redite de la finale du Six 2018, le coup de tonnerre eu finalement lieu tard vendredi soir : Troy “Canadian” Jaroslawski s’est incliné face à Davide “FoxA” Bucci, enfonçant un peu plus EG dans la tourmente. Les bleus n’ont plus gagné un titre depuis l’OGA Pit en juillet dernier, et cumulé quatre finales perdues depuis le dernier SI. Il leur faudra un mental d’acier pour espérer retrouver leur plus haut niveau.

De leur côté, Reciprocity qui avaient pu compter sur leur leader charismatique FoxA, s’est vu infliger une lourde défaite en demi-finale face à G2. Le capitaine canadien aura été transparent dans cette rencontre, avec un rating de seulement 0.55, le plus mauvais de son équipe.

G2 face à Empire, la conquête de l’Europe

Cette finale s’annonçait explosive, opposant les grands favoris G2 aux Russes de Empire à l’ascension absolument fulgurante. Et ce match aura tenu ses promesses… sur une seule carte. G2 et Empire se sont rendus coup pour coup sur Coastline pendant près de 90 minutes. Ils n’ont pu se départager qu’au 22e point, faisant de cette carte la plus longue jamais jouée dans un match de niveau professionnel. La nouvelle règle de prolongation infinie aura probablement fait transpirer les organisateurs dans cette série en cinq manches gagnantes. Seulement cette défaite a probablement dû frapper fort dans les têtes russes, qui n’ont plus existé du reste de la rencontre. Déchirés par un Juhani « Kantoraketti » Toivonen des grands jours, lui qui avait été bien plus effacé dans ce Six, les compères de JoyStiCK n’auront pas tenu la comparaison. Le réveil de Kanto, appuyé par un Fabian redoutable, a contrasté fort avec la faible performance de JoyStiCK. 7-4 sur Border, puis 7-1 sur Bank, la finale a viré à la démonstration. G2 s’impose sur le même score qu’au dernier Major de Paris, 3-0.

Les éléments clés de cette victoire de G2 sont certainement l’expérience de cette formation, mais aussi leurs meneurs, qui auront su répondre présent au moment le plus important de l’année. Les exclusions calculées de G2 ont payé, là où les Russes se sont obstinés à jouer leur jeu, trop confiants. Team Empire peut avoir des regrets, mais cette défaite n’enlève rien à leur mérite et leur incroyable parcours, qui devrait se prolonger dès la reprise de la Pro League, le 14 mars prochain.

Le Six Invitational au sommet de son art

Pour conclure, un mot sur la production de l’événement. Depuis le tout premier Six en 2017, Ubisoft a maintenu un niveau de qualité remarquable pour sa grande messe de Rainbow Six. Mais quel chemin parcouru depuis l’Usine C! Une maîtrise du planning impeccable, avec une diffusion sans presque aucun temps mort est un fait bien trop rare en esport pour ne pas être souligné ici. Des panels sur la conception du titre en 2017, Ubisoft est passée à la mise en avant des créateurs de contenus et membres marquants de sa communauté cette année, avec les épisodes Behind the SiegeLe chaudron de la Tohu a laissé place à une scène vaste et impressionnante, tandis que l’exposition extérieure détaillait avec soin les multiples étapes traversées par le jeu.

Le Six Invitational a atteint une qualité du niveau des plus grands événements du sport électronique, et représente une chance pour l’industrie à Montréal. Vivement le Six 2020!

 

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