Donkey Kong: l’histoire derrière la franchise

Le monde du jeu vidéo a tremblé la semaine dernière suite à la chute de Billy Mitchell. L’ex-champion mondial de Donkey Kong et vedette du film King of Kong a vu tous ses records retirés des tableaux de pointage de Twin Galaxies pour cause de tricherie. La nouvelle a fait le tour du monde. Mais pourquoi y a-t-il autant d’attention médiatique autour du meilleur Score de Donkey Kong ?

D’abord, il faut savoir que cette franchise est sans contredit l’une des plus importantes de Nintendo, voir même de l’univers des jeux vidéo au complet. Au début des années 80, le paysage vidéoludique était dominé par les arcades et Nintendo peinait à percer le marché américain. Ce n’est que lorsque Hiroshi Yamauchi, président de l’entreprise à l’époque, donna le mandat à un jeune designer nommé Shigeru Miyamoto qu’ils y parvinrent enfin.

Donkey Kong était à l’époque le jeu d’arcade le plus élaboré avec 4 niveaux de jeu différents, un scénario agrémenté de cinématiques et l’inclusion du saut, élément important qui jettera les bases du style de jeu de plate-forme sur lequel Nintendo bâtira son empire. Autre fait non négligeable, Donkey Kong est le premier jeu dans lequel un certain Mario, initialement nommé Mr Video et plus tard Jumpman, fit son apparition.

C’était l’époque pré-Crash de l’industrie du jeu et la NES n’existait pas encore. Or avec un tel succès commercial entre les mains Nintendo se devait d’avoir son jeu vedette dans tous les salons d’Amérique du Nord.

Eric Bromley est l’homme derrière la console ColecoVision.

Ancien chef de département de recherche et développement de plusieurs compagnies d’arcade telle que Midway, le talentueux designer et ingénieur fut envoyé au Japon pour rencontrer Hiroshi Yamauchi chez Nintendo. Ce dernier étant connu comme un dur négociateur prit Bromley au dépourvu avec un ultimatum. Pour avoir la licence de Donkey Kong, Coleco devait transférer 200 000 $ américains à Nintendo avant la fin de la journée. En plus d’accepter de payer une redevance de 2 $ sur chaque unité vendue. Bromley réussit à convaincre ses patrons et l’entente fut signée sur une napkin.

Donkey Kong n’a jamais été vendu à l’unité pour la ColecoVision, le jeu était plutôt inclus avec la console. Une stratégie payante qui propulsa la machine au sommet des ventes en Amérique du Nord et qui fit d’elle une sérieuse compétitrice à la Atari 2600.

Voici la version ColecoVision de Donkey Kong, considérée la meilleure à cette époque.

Coleco porta Donkey Kong sur Atari 2600 et Intellivision.

Étant grand collectionneur de Atari et Coleco, j’ai remarqué qu’il règne une certaine confusion chez les non-initiés autour des cartouches. On a tendance à nommer les consoles par le nom des compagnies qui les produisent. Je joue au Coleco, je joue au Nintendo, je joue à l’Atari. Ainsi lorsque les gens voient le mot Coleco sur une cartouche ils croient automatiquement que c’est un jeu ColecoVision alors qu’il existe plein de jeux publiés par Coleco pour les autres consoles. Voici le meilleur exemple.

À gauche nous avons la cartouche classique ColecoVision et à droite une cartouche Atari 2600 de Coleco. Regardez les embouts. Pour la ColecoVision nous avons une forme pentagonale et pour la Atari 2600 une forme rectangle. Il est donc impossible d’insérer une cartouche dans une console qui n’est pas la sienne. Ce truc vous permettra de faire la différence lorsque vous trouverez des jeux de cette époque dans les ventes de garage.

Coleco développa aussi Donkey Kong en version Mini-Arcade.

Éventuellement Atari acquiert la licence de Donkey Kong pour les ordinateurs. Des versions pour le Atari 400/800, Apple II, Commodore 64, Vic-20, TI99/4A, IBM PC et ZX Spectrum furent produites sous la marque Atarisoft.

De tous les ports existants de Donkey Kong, aucun n’inclut tous les niveaux de la version originale d’arcade. Même pas l’excellente version NES.

Il est du devoir de tous les amateurs de jeux vidéo de jouer au moins une fois à Donkey Kong en version originale. Il y a un cabinet d’arcade chez Arcade MTL à Montréal et chez House of Targ à Ottawa.