Demon’s Souls : les impressions d’un pas-bon à ce jeu

Je considère que je suis bon aux jeux vidéo. Par contre, je n’ai pas beaucoup de patience quand un jeu me force à refaire les mêmes passages ad vitam aeternam. Je regardais donc depuis longtemps de loin les jeux soulsborne de FromSoftware. J’avais envie d’essayer, parce que tout le monde en parle, mais j’avais peur de ne pas aimer ça finalement et de me sentir poche parce qu’au final, j’aime pas ça parce que c’est difficile. 

Copie du jeu gracieuseté de Sony Interactive Entertainment Canada; captures d’écran par Mario J. Ramos
Ceci n’est pas une critique, je ne donnerai donc pas de note finale.

Puis, Sony m’a envoyé un code pour faire la critique du remake de Demon’s Souls. J’aurais pu le refiler à un collègue plus familier avec la série. Demon’s Souls c’est le remake du premier jeu du genre par FromSoftware, le défi originel, comme ils disent. C’était le moment ou jamais de m’y frotter, en commençant par le début. Sans doute, mon égo y est pour quelque chose. Aussi, j’avais envie de jouer à un jeu exclusivement next-gen. Il est beau Demon’s Souls. Est-ce que c’est « Wow, quelle différence avec la dernière génération de console?» Non, mais c’est beau, sans doute le plus beau jeu actuellement sur PS5.

Alors, est-ce que j’aime ça? Oui. Est-ce que c’est très frustrant comme jeu? Oui. Est-ce que je dois recommencer sans cesse les mêmes passages, testant au maximum ma patience? Oui.

Mais ils ne sont pas fous chez FromSoftware. Ils savent qu’il faut en donner un minimum aux joueurs. Un sentiment de progression, aussi minime soit-il. Non, les quatre dernières heures n’ont pas servi à rien, même si je suis resté au même point. J’ai collecté des souls, et si je retourne au point où je suis mort, je peux reprendre mes souls perdus que je pourrai utiliser pour augmenter les facultés de mon personnage.

Avant de pouvoir faire ça, encore faut-il savoir quoi faire pour débloquer la possibilité d’échanger des souls contre des augmentations de nos statistiques et à qui parler. C’est dans ces moments que Demon’s Souls remake nous rappelle qu’il est un remake et que derrière la couche de peinture, se retrouve un design qui a un peu vieilli. Tuer un dragon, c’est difficile, c’est normal. Savoir à qui parler pour débloquer un mécanisme essentiel de progression dans un jeu qui fait tout pour te ralentir, ce n’est vraiment pas nécessaire que ce soit obtus.

La difficulté du jeu et le fait qu’il oblige le joueur à la découverte, l’exploration et l’expérimentation, sont au coeur des intentions des créateurs du jeu et on pourrait même dire au coeur de son expression artistique, voire du discours méta que le jeu a vis-à-vis le reste de l’industrie. Alors, quand on doit tourner en rond, se tanner, regarder un walkthrough, pour comprendre une directive qui semblait pourtant simple, peut-on parler d’erreur de design, de jeu qui a vieilli, ou ça fait partie de l’expérience?

Ce sont des questions qui me trottaient dans la tête les premières heures où rapidement je frappais des murs. You died. J’ai d’autres choses à jouer. Ah non, c’est vrai, c’est le début d’une nouvelle génération de consoles, il n’y a pas tant d’autres choses à jouer. Je ne vais quand même pas profiter de ma PS5 avec des jeux PS4? Essayons encore.

Et là, j’ai réussi à battre un boss. OK j’ai compris le jeu, maintenant rien ne m’arrêtera. Ce n’était qu’un bonbon, en fait. Un boss facile pour te faire sentir grand, puissant, pour donner un coup de pouce à ton égo. Tu en es conscient, mais le mal est fait. Tu es tombé dans l’abîme. La frustration a laissé la place à l’obsession, comme si Hidetaka Miyazaki était venu personnellement dans ton salon et t’avait poussé à travers la brume. Juste une petite poussée, c’est tout ce qu’il faut.

 

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