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Comment fonctionne le SSD de la PS5 et quels sont ses avantages face aux Xbox Series X et PC!

Sony mise sur une technologie du futur, mais sera-t-elle utilisée?

Crédit images : Sony Interactive Media

La PS5 a beau être réputée moins puissante que la Xbox Series X, la démo technique de l’Unreal Engine 5 en aura bluffé plus d’un. La future console de Sony affiche des graphismes incroyables que ne renieraient pas les films d’animation.

Cela reste cependant une démonstration technique et il faut largement relativiser, Epic a avoué après coup qu’elle tournait non pas en 4K mais en 1440p, ce qui fait retomber les ardeurs. Cependant, cette démonstration a été rendue possible grâce au SSD particulier de la PS5.

Charger ce que l’on voit

Pour les futurs jeux, la PS5 mise sur son SSD au format NVMe vanté par Marc Cerny. Et il n’a pas tort, il mise sur une manière de faire qui va être adoptée dans l’industrie : charger uniquement les éléments que l’on voit à l’écran.

Actuellement, toutes les composantes d’un jeu sont chargées dans la mémoire de la console ou de la carte graphique du PC. Ou que vous regardiez, les éléments très lourds comme les textures sont déjà présents dans la mémoire  qui les affiche lorsqu’ils apparaissent à l’écran.

Dans la PS5, le fonctionnement  est radicalement différent. Les éléments classiques comme le moteur ou l’IA sont préchargés, mais en ce qui concerne les éléments imposants en mémoire comme les textures ou effets les spéciaux, tout est automatiquement chargé en temps réel depuis le SSD qui se comporte comme le ferait de la mémoire ordinaire.

Cette manière de faire va déboucher à terme sur un véritable bond graphique. La machine n’a plus à stocker quantité de textures, libérant ainsi de la place et de la puissance pour traiter un infiniment plus grand nombre de polygones. Mais pourquoi cette technologie est employée dans la PS5 et pas dans la Xbox Series X et dans les PC ?

Limités par le PCIe 3.0

Les SSD communiquent avec la machine au moyen du port PCIe (PCI express). Actuellement, la plupart des ordinateurs utilisent le PCIe 3.0 qui autorise une bande passante jusqu’à 1000 Mo par seconde. C’est très rapide, mais lors de nos tests comparant le WD Black SN780 au format M.2 face aux Crucial M500 en Sata et PCIe 3.0, nous avons vu que le Western Digital qui monte pourtant à un débit de 3500 Mo/s délivre finalement des temps de chargement 20% plus véloces face à un SSD même en SATA.

Cela est dû au PCIe 3.0 qui n’a pas évolué depuis 2011 et bride ainsi les débits. En réalité, cette technologie ne justifiait pas réellement un passage à une vitesse supérieure durant ces dernières années. L’emphase a plutôt été mise à imposer les SSD dans les esprits comme nouveau support de stockage et il a fallu également attendre le remplacement du parc existant.

Sauf qu’à l’heure des processeurs à 12- 16 threads minimum et des puces capables de traiter des débits bien plus importants, le PCIe 3.0 est devenu obsolète. C’est pourquoi les normes PCIe 4.0 et PCIe 5.0 ont été conçues et que le PCIe 6.0 est déjà sur les rails. Le PCie 4.0 est actuellement employé uniquement par AMD depuis 2019, Intel a fait l’impasse sur cette technologie, préférant PCie 5.0 prévu pour l’an prochain  qui doublera la bande passante face au PCIe 4.0, qui double déjà la bande passante face au PCIe 3.0. Si le PCie 4.0 délivre du 2GO par seconde, le PCIe 5.0 montera à 4 GO par seconde.

Pour offrir des chargements de textures instantanés, la PS5 va utiliser une technologie propriétaire supérieure au  PCIe 5.0  et capable de monter à une vitesse de 5,5 Go/s. La Xbox Series X utilisera le PCIe 4.0 capable de délivrer 2Go par seconde.

Le chargement ultra rapide de la PS5 va-t-il être exploité ?

Si Sony est le premier à proposer une manière de faire qui va clairement s’imposer dans les années à venir, il reste cependant le seul. La Xbox Series X repose sur du PCIe 4.0 et n’aura donc pas accès à du PCIe 5.0 ou  6.0 avant son itération 8K, façon Xbox One X. Concernant les PC, Le PCIe 4.0 est une technologie intermédiaire en attendant le PCIe 5.0 l’an prochain, et n’est actuellement utilisé que par AMD. D’autre part, les SSD NVMe en PCIe 4.0 sont bien trop dispendieux pour être adoptés massivement par les possesseurs de PC sous AMD. Il ne va donc pas seulement falloir attendre sur PC la sortie du PCIe 5.0 en 2021 voire du 6.0 pour atteindre les débits de la PS5, mais également sa généralisation afin que les développeurs envisagent de changer la manière de charger les jeux en mémoire.

Il faut savoir que la façon de concevoir les jeux a changé depuis l’arrivée de la PS4 et de la Xbox One qui sont comme on le sait des PC sous X86. Les jeux sont développés d’abord sur PC, puis les développeurs ajustent les paramètres afin que le jeu tourne proche des 30 ou 60 FPS FPS sur console, ce qui permet de gagner du temps pour les optimiser. C’est totalement différent de l’époque Xbox 360 – PS3, où 20% du code différait radicalement entre les deux machines et demandait un plus gros travail d’adaptation.

À moins que Sony développe des outils permettant de faciliter grandement le travail pour permettre le portage des chargements des textures en temps réel à l’écran directement depuis le SSD, les développeurs vont continuer à créer leurs jeux de manière traditionnelle. Par contre, les jeux exclusifs de Sony vont bénéficier de cet avantage, et devraient donc offrir une qualité visuelle supérieure. Concernant la démo d’Epic, je ne pense pas que l’on verra ce type de graphismes avant au moins la PS5 Pro, à moins que Sony autorise la sortie de jeux uniquement en 1440p sur PS5, la démo technique Heretic de Unity est plus réaliste sur ce que l’on devrait retrouver en termes de qualité graphique.

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