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Championnat d’Amérique de Hearthstone, ou la fois où j’étais à une victoire de Los Angeles

Lorsque je suis embarqué dans la voiture vendredi après-midi pour me rendre à Toronto afin de participer aux Championnats d’Amérique de Hearthstone en compagnie des autres joueurs québécois, j’étais définitivement l’underdog dans le véhicule.

Quatre Québécois étaient qualifiés pour le championnat cette saison. Cydonia, ancien champion d’Amérique et ex-joueur de Team SoloMid. Monsanto, joueur bien établi de la scène compétitive et finaliste de HCT Buenos Aires en août. Kevor24, ancien pro de Magic : The Gathering et streamer bien connu sur la scène québécoise (particulièrement auprès de ceux qui se couchent tard!).

Et puis moi. Pour ma part, il s’agissait de ma première qualification au championnat saisonnier. Pour comprendre ma position, il faut savoir comment la scène compétitive de Hearthstone fonctionne. Chaque saison, environ 60 joueurs se qualifient en accumulant des points, soit en jouant sur le ladder en ligne chaque mois et en terminant parmi les meilleurs en Amériques, soit en participant à des tournois en personne, comme le Dreamhack Montréal la semaine dernière. Pour des joueurs à temps plein comme Cydonia et Monsanto, se qualifier de cette façon est relativement facile.

On se sent bien seul dans la petite pièce où les joueurs dont les matchs sont diffusés sont assis.

On se sent bien seul dans la petite pièce où les joueurs dont les matchs sont diffusés sont assis.

Blizzard a aussi mis en place un système parallèle, les challengers, permettant à huit joueurs « amateurs » de se qualifier chaque saison. Les joueurs ayant participé au championnat saisonnier dans la dernière année sont exclus des challengers, ce qui rend la compétition dans ce système franchement moins féroce. C’est cette voie que j’ai empruntée cette saison.

Chaque saison voit donc son lot de nouveaux joueurs challengers arrivés, mais rares sont ceux qui réussissent à performer contre l’élite du continent. La tâche qui m’attendait était donc ardue : remporter au moins cinq rondes sur sept dans la portion préliminaire en format Swiss afin de terminer dans le top 8 sur 75 joueurs, pour ensuite remporter deux autres parties en éliminatoires pour me glisser dans le top 4. À la clé : un voyage à Los Angeles pour affronter avec les 16 meilleurs joueurs d’Europe, de Chine et du reste de l’Asie pour 50 000$ et une invitation au championnat annuel.

Mon tournoi a commencé du mauvais pied avec une défaite de 3-2 en première ronde, mais à ma grande surprise, j’ai réussi à terminer la journée de samedi avec quatre victoires et deux défaites, ce qui me plaçait confortablement en 12e place. À ce moment, je croyais mes chances de me glisser dans le top 8 très minces, mais j’étais quand même extrêmement satisfait de ma performance. Je pensais pouvoir terminer dans le top 16 avec une victoire en 7e ronde. À titre de comparaison, les autres joueurs challengers ont eu une fiche combinée de 5 victoires et 13 défaites, et aucun n’a fait mieux que la 44e place.

 

 

 

 

 

En remportant mon match de 7e ronde de justesse le dimanche matin, je me suis retrouvé avec cinq victoires et deux défaites. Selon nos calculs, trois joueurs sur les 11 qui présentaient une telle fiche allaient se glisser en douce dans le top 8. Tout reposait maintenant sur les damnés tie breakers, ces statistiques qui permettent de différencier entre plusieurs joueurs ayant le même nombre de victoires. L’important pour moi était donc que mes adversaires des rondes passées remportent leur match.

Et puis, soudainement, l’explosion de joie. En rafraîchissant la page du tournoi, je constate que tous les matchs sont terminés, et que je suis… 7e ! À ma grande surprise, je me retrouve donc à deux petites victoires d’une invitation à Los Angeles.

Gagnant du Dreamhack Montréal, justsayain a encore triomphé ce week-end

Après avoir remporté mon premier match des éliminatoires hors d’ondes, je me trouvais dans une position enviable : si je remportais l’un des deux matchs à venir, j’accédais au top quatre et me qualifiait pour la prochaine étape. Malheureusement, j’ai perdu ces deux matchs devant les quelque 25 000 spectateurs du tournoi sur Twitch. J’ai donc terminé 5e/6e, empochant quelque 5.500$ US et 10 points qui m’aideront à me qualifier pour le championnat de cet hiver. Pas mal, pour quelqu’un qui visait le top 32.

Les autres Québécois ont tout de même bien performé, Monsanto terminant 16e et Kevor24 20e. L’Ontarien Languagehacker, mon partenaire de pratique qui jouait presque les mêmes decks que moi, a quant à lui réussi à se qualifier et s’envolera donc pour Los Angeles dans quelques semaines. Quant au gagnant du Dreamhack Montréal, justsaiyan, il a poursuivi sur sa lancée en enfilant neuf victoires consécutives en fin de semaine et ira lui aussi à LA.

Côté classe, Warrior a été l’un des grands perdants du tournoi, les joueurs ayant décidé de l’amener se butant aux adversaires qui jouaient Quest Rogue, Shudderwock Shaman, et autres decks anti-contrôle. Deux des quatre joueurs qualifiés avaient amené un line-up agressif, tandis que deux autres jouaient davantage des decks midrange, prouvant encore une fois que plusieurs stratégies sont viables dans la méta actuelle.

Je vous laisse sur ce clip du match entre Conrad et Languagehacker, qui était définitivement la partie la plus excitante de la fin de semaine.