Bernard Landry : le véritable fondateur de notre industrie

Décédé mardi à l’âge de 81 ans, Bernard Landry a été à l’origine du crédit d’impôt qui a permis au Québec de devenir l’une des places mondiales du développement.

Crédit photo : Photo: La Presse canadienne / CLEMENT ALLARD

1996, le Québec cherche à dynamiser son industrie et trouver un débouché à ses jeunes diplômés. Bernard Landry, alors vice-premier ministre, lance alors le crédit d’impôt qui perdure actuellement, et prenant en charge jusqu’à 37,5% des salaires. Résultat, actuellement 46% des travailleurs de l’industrie du jeu vidéo canadien se situent au Québec. Devenu une place réputée pour le développement des jeux vidéo, il attire désormais également les sociétés développant des intelligences artificielles et toute une industrie des effets numériques.

Voilà pourquoi les représentants de l’industrie ont unanimement tenu à souligner la contribution de Monsieur Landry comme Ubisoft par la voix commune de son co-fondateur Yves Guillemot et de Yannis Mallat, PDG d’Ubisoft Montréal  »  Le temps et la distance n’ont pas éteint le souvenir vif et positif de nos échanges avec M. Landry qui ont mené à l’implantation d’Ubisoft au Québec il y a 21 ans. Sa vision moderne de l’économie et sa confiance en la créativité des talents d’ici se sont avérées stratégiques pour le Québec. Sans elles, l’industrie du jeu vidéo ne serait pas le moteur économique qu’elle est aujourd’hui et qui fait rayonner nos talents partout sur la planète. Que de chemin parcouru! Grâce à l’impulsion initiale de M. Landry, le Québec est plus que jamais partie intégrante du cœur d’Ubisoft. Nous sommes de tout cœur avec l’épouse, la famille et les proches de M. Landry.  »

Son legs remis en question ?

20 ans après cette mesure, des voix tentent de mettre fin à ce crédit. Leur arme, s’appuyer sur des études incomplètes comme celle de CIRANO (https://cirano.qc.ca/files/publications/2017DT-01.pdf) qui ne se concentrent uniquement que sur des aspects directs comme l’impact des dividendes qui reviennent au Québec au sujet des sociétés étrangères et des milieux proches comme celles du numérique. Or, ces études ne montrent pas que les travailleurs de cette industrie, payés en moyenne 70 000$ par année, paient des impôts assez conséquents puisqu’ils touchent plus de 50 000$. Le parc immobilier a connu un énorme regain qui a redynamisé des quartiers et permis l’entrée d’argent sous forme d’impôts et de dépenses.

Autrement, les travailleurs de l’industrie consomment, ont besoin de crèche et de services de proximité. Tandis que les commerces et restaurants alentour des studios connaissent un essor dynamique à l’image du quartier Saint-Laurent, fief d’Ubisoft Montréal.

Mais un legs toujours présent

Si actuellement les interrogations persistent quant au maintien de ce crédit d’impôt, cet héritage toujours présent continue d’inciter des acteurs majeurs à l’image la semaine dernière d’Epic Games, d’ouvrir des studios à Montréal.

Autrement, après son retrait de la vie politique en 2005, Bernard Landry a pu suivre les évolutions de l’industrie du jeu vidéo, et a même été honoré par celle-ci en 2009 lorsqu’il a été invité au MIGS, dont la prochaine édition se tiendra les 12 et 13 novembre. En dehors de l’homme politique, quoi que l’on en pense, il a été l’artisan à la base du virage technologique initié au Québec.