Beat Cop : un jeu de flic rétro à l’humour noir

Paru d’abord en 2017, ce jeu développé par Pixel Crow débarque maintenant sur consoles. Ce jeu d’action et d’aventure est également une simulation du quotidien d’un agent de police de Brooklyn tout droit sorti d’un film policier des années 80. Si vous êtes nostalgiques de cette époque et de ces clichés, Beat Cop va vous accrocher!

Faussement accusé de meurtre ainsi que du vol des diamants d’un sénateur, nous incarnons l’ancien détective Jack Kelly rétrogradé en policier de quartier. Nous devons donc nous acquitter dûment de notre patrouille quotidienne de notre coin de Brooklyn, tout en enquêtant sur les bandits qui tentent de nous salir afin de nous disculper. Le scénario de Beat Cop n’est pas des plus complexes, mais il sait être intrigant et arrive à nous captiver assez pour nous donner envie de résoudre l’affaire des diamants volés et par le fait même nous innocenter.

Simulation et jeu de gestion

De 8 h à 18 h, nous avons une panoplie de tâches à accomplir. Souvent une patrouille d’une extrémité de la rue à l’autre est jumelée à un quota de contraventions à distribuer. Dans Beat Cop, il existe trois types de contraventions : phares, pneus et stationnements. L’important est de remplir son quota, pour éviter la colère du sergent, et s’il est possible de le doubler c’est encore mieux, car on a droit à une prime lors de la paye. Et celle-ci n’est pas à négliger puisque nous avons une pension alimentaire à verser de temps à autre et si nous ne possédons pas les fonds nécessaires, la partie est terminée pour l’agent Jack Kelly.

En plus de ces multiples tâches quotidiennes, plusieurs incidents tels des vols ou des citoyens requérant de l’aide surgissent de temps à autre, nous obligeant à bien gérer notre temps qui se veut plutôt limité. Parfois il est possible d’arriver à tout accomplir et d’autres fois c’est plutôt difficile, ce dont les collègues de Kelly nous répètent. Il faut donc apprendre à prioriser ce qui nous permettra de continuer la partie et d’éviter le Game Over.

Le crime ne paie pas?

Plusieurs choix s’offrent au joueur pour que l’aventure de Beat Cop perdure, dont l’acceptation ou non de pots-de-vin de la part de citoyens fâchés d’avoir obtenu une contravention. Il est aussi possible de se faire employer par la mafia ou le gang afin de bénéficier d’argent supplémentaire. Il faut toutefois demeurer prudent puisque les deux groupes sont rivaux et travailler pour l’un ne plaira pas forcément à l’autre. Aussi, si nous avons de mauvaises relations avec ces organisations criminelles, il est fort probable de se faire battre aléatoirement, et ainsi perdre du temps dans notre horaire, voire de se faire assassiner.

S’il existe plusieurs façons que la partie se termine pour Kelly, heureusement chaque fois il est possible de rembobiner la journée (ou une autre journée antérieure) et de faire des choix différents pour pouvoir passer à un autre jour. Il appartient ainsi au joueur de décider s’il désire être corrompu ou s’il choisit de faire respecter la loi. À lui aussi de déterminer s’il est important ou non d’innocenter l’agent Jack Kelly ou s’il préfère s’enrichir et fuir à l’étranger.

Un style rétro à l’humour trop noir?

Le pixel art est un style favori pour Pixel Crow et je ne peux qu’approuver leur choix devant les graphismes de Beat Cop. Certains n’aiment peut-être pas ce style, mais personnellement je le trouve plutôt intéressant. En plus d’être agréable à l’œil, il renforce l’aspect rétro du jeu, ce qui me plaît bien étant donné que l’univers de Beat Cop est ancré dans les années 80.

L’atmosphère qui règne dans ce jeu est sarcastique et bourrée de clichés. Il faut dire que l’intrigue se déroule en 1986 dans un Brooklyn corrompu avec sa mafia, ses gangs, ses policiers et politiciens véreux. Si l’on a presque l’impression de se trouver dans une série policière des années 80, l’humour peut toutefois déranger certains. On retrouve dans les dialogues des propos racistes, sexistes et aussi vulgaires.

Par contre, je pense qu’ils sont à prendre avec un grain de sel, car les développeurs tentent seulement de nous situer dans un univers et une époque où ces propos font partie du quotidien. Ils énoncent d’entrée de jeu que Beat Cop se veut une sorte d’hommage à ces séries policières et non un portrait réel de New York. Ils nous encouragent même à nous laisser aller et à prendre la vie à la légère. Je pense que le ton humoristique et cliché du titre de Pixel Crow plaira à certains et déplaira à d’autres tout simplement.

Outre le ton humoristique pouvant déranger quelques joueurs, je dois avouer que Beat Cop comporte beaucoup de dialogues pas toujours nécessaires et qui ralentissent un peu le rythme du jeu. Mais comme il est possible d’accélérer ces dialogues en appuyant sur un bouton, je pense qu’on s’en sort bien. Je dois aussi mentionner un aspect un peu frustrant : certaines missions aléatoires ne nous laissent pas le temps d’intervenir. Par exemple, il y a un vol à la bijouterie et comme nous nous trouvons déjà dans les alentours, il est possible que le suspect apparaisse un peu trop près de la limite de notre écran. Résultat : le voleur s’échappe à coup sûr parce qu’on n’aura pas le temps de l’approcher.

Ceci dit, ce jeu indie au genre pointer et cliquer est bien adapté pour la Nintendo Switch puisque j’ai trouvé les contrôles assez simples. Je pense qu’il convient autant aux consoles de salon qu’aux appareils portables, car il est aussi divertissant lors de courtes sessions de jeu que de sessions prolongées. Beat Cop est pour moi un jeu idéal le temps d’une pause si l’on a envie d’accomplir les tâches d’une seule journée de Jack Kelly, mais c’est également un jeu qu’on a le goût de terminer, ne serait-ce que pour se casser un peu la tête à dénouer l’intrigue.

Verdict
Bon
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