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Bâtir les esports, rencontre à HEC Montréal

Vendredi soir, le comité du HEC Ludos organisait une conférence sur l’esport au Québec intitulée : Bâtir les esports. Plusieurs pionniers de l’industrie y ont participé pour éduquer la salle sur l’envers du décor et y présenter les opportunités d’investissement ou d’entrepreneuriat.

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Les esports au Québec

C’est devant un amphithéâtre Banque Nationale assez garni que le premier segment s’est élancé, avec comme but de discuter de la situation spécifique de notre province quant à l’esport. Dans ce comité siégeaient Yannick Babin, Michael Daudignon et Louis-David L. Renaud.

Au travers de cette première discussion, quelques éléments clés ont émergé. D’abord, la croissance de l’esport au Québec a connu un déclic depuis 2016 avec l’arrivée de plusieurs organisations et événements comme la Fédération Québécoise des Sports Électrnniques, le bar Meltdown et le Dreamhack.

Malgré ce moment d’éclat, le Québec resterait en retard par rapport à nos cousins au sud de la frontière et même vis-à-vis Toronto. Selon Babin, cela s’expliquerait par une certaine aversion du risque qu’auraient les investisseurs québécois, ce qui créerait une difficulté à accéder ay financement. C’est un sentiment que Daudignon corroborait en indiquant que cela prend du temps pour obtenir les fonds nécessaires.

Tous s’accordaient sur le fait que vivre d’esport est possible, mais que la plupart des gens devront probablement se lancer dans cette industrie en faisant d’abord du bénévolat. Par contre, l’industrie est en plein essor et les trois étaient optimistes face aux possibilités futures.

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Le rôle des studios dans l’esport

Geneviève Forget de Behaviour Interactive et Alexandre Rémy d’Ubisoft ont été les deux invités suivants pour discuter du rôle des studios de jeux vidéo dans l’esport. Il est important de noter qu’Ubisoft Montréal est derrière le jeu esport à succès Rainbow 6 : Siege.

Rémy et Forget ont tous deux été dans le même sens quant à la création d’un jeu à vocation esport. Lors de la conception et du développement de votre jeu, le but primaire se doit d’être la création d’un bon jeu avant tout. Le succès de votre jeu en tant qu’esport dépend fortement du succès de votre jeu en général. Bien sûr, il y a des détails techniques importants à ne pas omettre, mais faire un bon jeu d’abord est le plus important. L’esport arrivera par la suite. « C’est la cerise sur le sundae », a dit Geneviève Forget.

Elle a aussi expliqué que de gérer un jeu esport est plus difficile pour un studio. Puisque le gagne-pain de plusieurs personnes pourrait être affecté par un bogue mal placé, la barre de qualité est plus haute pour ces jeux. De plus, il est important de les suivre tout au long, et ce sont des jeux « vivants » puisqu’ils sont mis à jour constamment.

Finalement, aucune règle n’est établie quant au degré d’implication qu’un studio doit avoir pour obtenir un jeu esport qui cartonne. Par exemple, Riot Games s’implique beaucoup plus que Valve sur sa scène esport. Malgré cela, Dota 2 et CS:GO ont de très bonnes scènes compétitives.

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Le monde des affaires et l’esport

Dans ce troisième et dernier panel, c’est Pierre-Luc Paiement, André Richelieu et Étienne Veilleux qui ont pris la parole. Pour débuter, Paiement a expliqué pourquoi l’Impact de Montréal s’impliquait dans l’esport. Principalement, c’est parce qu’en observant les facteurs de conversion des admirateurs allant voir un match de l’Impact, ils se sont rendus compte que le principal était d’avoir joué à un opus de la série FIFA d’Electronic Arts.

Pour Richelieu, professeur en marketing des sports à l’UQAM, l’opportunité clé de se lancer dans ce monde est dans le « streaming ». Le sentiment d’appartenance des jeunes face aux influenceurs répond à un défi primaire des marques tentant de fidéliser une clientèle.

Puis, Étienne et Pierre-Luc ont émis leur opinion quant à la légitimité de l’esport en tant que sport. Les deux étaient d’accord sur le fait que c’était bel et bien un sport, malgré le côté moins physique. L’argument principal était que pour s’élever à ce niveau, il faut une excellente rigueur ainsi que des compétences techniques incroyables. André est allez jusqu’à dire que le sport traditionnel et l’esport ne seront plus aussi démarqués, mais qu’ils seront englobés dans le « sportainment ».

Tous s’entendaient pour dire que le sport traditionnel et l’esport ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Le sport domine les « storylines », les rivalités et le sentiment d’appartenance à une équipe. L’esport domine le style de consommation flexible et en tout temps.

Finalement, il est un tantinet trop tôt pour dire que l’esport a une pérennité assurée, mais que si c’est une tendance, c’est une mégatendance. Ils étaient tous sceptiques quant à l’échec de l’esport et ils étaient tous optimistes sur les opportunités que cela offre.

Les images sont une gracieuseté d’Alban Quénoi.

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