Atari VCS : pré-commandes ouvertes à 390$US – une mauvaise blague?

Des choix similaires à ceux qui ont déjà fait chuter Atari.

Crédit Photos : Atari

Atari vient d’ouvrir les précommandes sur l’Atari VCS. Pour la modique somme de 389,994$ US soit 529$ canadiens, Atari vous livre une superbe console, un joystick à l’ancienne, et une manette aux formes plus modernes.

Face à la NES Classic Edition vendue 79,99$ au Canada, pourquoi une telle différence de prix ? Contrairement à Nintendo qui avait choisi un processeur RISC abordable, Atari joue la carte du PC console hybride, et a donc porté son  choix  sur un processeur X86, en l’occurrence un AMD Raven Ridge 2 dont Atari ne donne même pas la référence, ça commence bien! Grâce à sa puissance, on peut intégrer sans ralentissement son  Twitch dans sa partie dans son jeu VCS pour suivre les commentaires par exemple. C’est très bien, sauf qu’au final, la facture est aussi élevée que le prix supposé des futures PS5 et Xbox Series X pour une machine bien moins puissante si l’on prend en compte uniquement le matériel.

Cette console est un mini PC dans une boite bien cute, sur laquelle on peut installer Windows et Linux, mais elle reste un Mini PC à 529$ pour une puissance anémique en tant que PC. Le processeur est un AMD Raven Ridge 2, un CPU basse consommation type 2700U et que l’on devrait retrouver bientôt dans les laptops d’entrée de gamme autour de 400 à 500$. L’intérêt au final est donc très limité, elle est bien trop dispendieuse pour la plupart des joueurs au regard de ses capacités. Les nostalgiques ont déjà une Atari 2600 ou à défaut des émulateurs qui fonctionnent aussi bien. Un PCiste possède déjà des PC ou mini solutions bien moins dispendieuses et autrement plus puissantes,  tandis que l’impression 3D permet déjà de fabriquer des coques.

Si la PS5 et la Xbox Series X seront dispendieuses, c’est parce qu’elles vont apporter une technologie impossible autrement à réunir dans un espace aussi étroit à ce prix. L’Atari VCS, c’est un joli boitier avec un logiciel qui semble tourner très bien, mais qui aurait fonctionné aussi bien sur un Raspeberry Pi à 99$.

En visant le PC bas de gamme à un tarif trop élevé, Atari vise un public nostalgique, riche, ignare et incapable de bidouiller ou de récupérer un vieux PC, et qui pense que le nom d’Atari est aussi hype que celui d’Apple, bref Atari fonce droit dans le mur.

Qu’est-ce qui a tué Atari?

Si les consoles d’Atari ont été éclipsées par Nintendo et Sega, leurs ordinateurs Atari 520 ST et 1040 ST ont connu un beau succès jusqu’au début des années 90, et ont fait la joie des musiciens amateurs comme professionnels grâce à leurs ports midi de série. Côté jeux, Atari se défendait honorablement et le 520 ST était populaire, mais impossible de résister au fabuleux Amiga 500 de Commodore. Il offrait la puissance d’une Genesis dans un ordinateur, mais sorti bien avant la Genesis.

Finalement, en 1991 Atari annonce le Falcon 030 un ordinateur destiné à enfin prendre le pas sur le successeur de l’Amiga 500, l’Amiga 1200. Malheureusement pour Atari et Commodore, c’est à cette époque que le PC a commencé à devenir un standard dans les jeux sur ordinateur. Les deux concurrents aveuglés par leur rivalité avaient misé sur la 2D en jeu et la possibilité de manipuler de la 3D, alors que le PC offrait les premiers jeux 3D tant attendus, et que les milieux professionnels ne juraient que par Silicon Grahics. Finalement, Atari a été rachetée par le français Infogramme, dirigé par Bruno Bonnell devenu depuis député, et qui à force de miser sur la publicité plutôt que la qualité des jeux  a fini par faire couler le tout. Par la suite, les marques Atari inc ont été reprises par une holding française du nom d’Atari SA (Société Anonyme).

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